‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 144 sur 426 · De Spiritu Sancto · texte numérisé non relu

De Spiritu Sancto

de Sérapion (xiii, 15). Dans ce dernier document, il est remarquable que l'anamnèse, ou rappel des paroles de l'institution (xiii, 12-14), mentionne toujours le pain et le vin comme TôiJioiwfxa du corps et du sang. Dans l'épiclèse qui suit, seulement, le prêtre demande à Dieu d'envoyer « son Verbe saint sur ce pain, afin que le pain devienne corps du Verbe, et sur ce calice, afin que le calice devienne sang de la Vérité ». Saint Chrysostome cependant fait exception : il attribue la conversion des oblata tantôt à l'épiclèse^, tantôt, dans les passages de lui cités plus haut, aux paroles de l'institution.

On a dû remarquer aussi que nos auteurs voient dans l'eucharistie un sacrifice en même temps qu'un sacrement. Le service liturgique est un sacrifice^, un sacrifice pur, vivant, spirituel, non sanglant, parfait^. Comme l'euchologe de Sérapion a appelé le pain la similitude du corps du Christ, aussi dit-il qu'on célèbre, dans ce sacrifice, la similitude de la mort (ô|Aoiwfxa Tou ôavaxou) du même Christ (xiii, 13) ; et de même que Grégoire de Nazianze a nommé les éléments eucharistiques « les antitypes du précieux corps et du sang », aussi parle-t-il du sacrifice comme de « l'antitype des grands mystères », c'est-à-dire de la mort et de la passion du Sauveur ^ L'acte liturgique est mis ainsi en relation étroite avec la mort rédemptrice de Jésus- Christ. On y trouve, comme à la croix, une immolation mystique que le même Grégoire essaie de définir quand il parle de cette division non sanglante qui

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