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CHAPITRE VII

LA THÉOLOGIE DE LANGUE SYRIAQUE AU IV* SIECLE. APHRAATE ET SAINT EPHREM.

§ 1. — Aphraate^

Au iv^ siècle, la langue grecque n'était pas seule, en Orient, à parler théologie. Au nord-est d'Antioche, et tout le long de l'Euphrate et du Tigre, des églises avaient grandi dont l'idiome national, le syriaque, ne s'était pas exercé uniquement à la traduction des Ecritures, mais avait produit déjà quelques œuvres religieuses originales. Celles-ci, il est vrai, ne respiraient pas toujours une orthodoxie bien pure. Si le dialogue De fato ou plutôt Le Iwre de la loi des contrées ^ de Philippe, disciple de Bardesane, combat précisément le fatalisme astrologique et le déterminisme, Bar-

1. Aphraate est cité ici d'après l'édition R. Graffin et J. Parisot, Patrologia syriaca, I, II, Aphraatis sapientis persae demonstrationes, Paris, 1894, 1907, — Travaux : J. ForCet, De vita et scriptis Aphraatis, Lovanii, 1882. F. G. Bcrkitt, Early easlern Christianity, London, 1904. J. Labourt, Le christianisme dans l'empire pe?'se, Paris, 190i. R. H. CONNOLLY, The early syriac Creed, dans Zeilschr. f. die neutestam. Wissensch., Separatabdr., 1906. P. Schwex, Afrahat, seine Person und sein Verstândnis des Christentams, Berlin, 1907. J.-M. Chavanis, Les lettres d' Afrahat, le sage pej-se, étudiées au point de vue de l'histoire et de la doctrine, Saint-Etienne, 1908.

2. Edit. F. Nac dans Patrologia syriaca, II; traduct. franc, dans Lan- GLOis, Collection des historiens de l'Arménie, I, Paris, 1867, p. 73 et suiv.

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desane lui-même (+ en 222) est accusé d'avoir, dans des écrits que nous n'avons plus, soutenu des doctrines gnostiques. Ces doctrines se rencontrent, en tout cas, dans les Actes de Judas-Thomas, d'origine très probablement syrienne, et dont le texte primitif remonte au milieu du iii« siècle environ ^ Mais, au iv^ siècle, l'orthodoxie allait prendre sa revanche par la plume de deux écrivains dont le second surtout est resté célèbre, Aphraate et saint Ephrem.

Saint Ephrem est plus connu, et Aphraate est peutêtre pour nous plus important parce que, plus ancien que saint Ephrem — ses vingt-trois lettres ou démonstrations ont été écrites entre 337 et 345 — et sans doute plus éloigné que lui de Constantinople et d'Antioche 2, il a moins subi l'influence de la théologie grecque, et présente une forme de doctrine plus originale et plus archaïque. On aurait tort cependant de prendre pour l'expression complète de sa foi l'espèce de symbole qu'il formule dans sa démonstration i, 19, symbole où l'on ne trouve mentionnés que Dieu, la création, l'homme fait à l'image de Dieu, l'Esprit- Saint envoyé aux prophètes, Jésus-Christ envoyé de Dieu, la résurrection des morts, le baptême. Bien que les démonstrations d'Aphraate soient plus morales ou ascétiques que dogmatiques, le symbole ou du moins la foi qu'elles supposent étaient plus compréhensifs. On en jugera par l'analyse suivante.

Aphraate proteste d'abord qu'il ne veut pas parler de lui-même mais d'après la pensée de toute l'Eglise (xxii, 26) et l'enseignement des Écritures (v, 8; xiv,

1. Texte syriaque édité par W. Wright, Apocryphal acts of the aposlies, London, 1871. Supplément par F. C. Burkitt, Studia sinaitica, n° IX, London, 1900, Texte grec dans M. Bonnet, Supplemenlum codicis apocryphi, I, Acta Thomae, Lipsiae, 1883.

2. U aurait, d'après un manuscrit récent (xiv® siècle), habité le couvent de Mar Mattai, au nord-est de Mossoul.

47; XXII, 26) dont il proclame l'inspiration; car c'est Jésus-Christ et le Saint-Esprit qui se sont exprimés par les auteurs sacrés (iv, 10; vu, 10; viii, 3, 25).

Il connaît en Dieu trois termes, trois personnes (vi, 12; xxiii, 60, 61, 63). Jésus-Christ est Dieu et Fils de Dieu (vi, 9, 10). La démonstration xvii est tout entière consacrée à établir ce point et, bien qu'Aphraate s'y contente, la plupart du temps, d'argumenter ad hominem contre les juifs et les païens, montrant que ces titres de Dieu et de Fils de Dieu ont été donnés à Moyse (3), à Salomon et au peuple d'Israël (4), il est clair cependant que sa pensée dépasse cette divinité et cette filiation morales : « Pro certo tenemus lesum, Dominum nostrum esse Deum filium Dei ' , regem filium régis, lumen de lumine (|îo,cu ^ liojoj), creatorem, consiliarium, ducem... Ceteris autem omissis, demonstremus illum esse Filium Dei ipsumque Deum qui a Deo prodiçit » (2). Et dans la démonstration xxiii, 52, d'une façon plus métaphysique : « Confitemur in te (Christe) misericordiam quae misit te, et in nobis acquievit^ ut per mortem unigeniti sui (©pj*—) viveremus. In te laudamus [Deum] increatum^ qui te, ex sua essentia separatum (oiLot^/ ^ /j^sj») ad nos îuisit^. » — Quant à l'Esprit-Saint, il est l'Esprit de sainteté, glorifié avec le Père et le Fils, qui s'est manifesté dans les deux Testaments et habite en nous (xxiii, 60, 61 ; VI, 14 et suiv.). Il est à côté du Père éternel comme notre mère^ (xviii, 10), et c'est de lui que nous recevons la grâce (xiv, 47).

1. )ovS\ 'yh )o^. m. Connolly [art. cit., p. 211) fait remarquer que cette expression devrait plutôt se traduire par Deum de Deo. C'est le 6eèv H 6£oO de Nicée. C'est ainsi que l'ont traduit les actes grecs de Judas- Thomas.

2. V. quelques lignes plus bas ce qui est dit de l'incarnation.

3. Se rappeler que le mot J-o» (Esprit) est du féminin en syriaque et généralement dans les langues sémitiques.

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Aphraate n'a guère fait que toucher à la question de la chute originelle, principe de mort (xxii, 1; vu, 1; IX, 14); mais il parle de l'incarnation. Jésus a paru pour nous délivrer du péché : il a pris de la Vierge un corps humain (xxi, 9; xxiii, 50, 51). Son humanité est nettement distinguée de sa divinité (xvii, 2). En venant à nous, Jésus-Christ a reçu quelque chose qui lui était étranger, qui était « hors de sa nature », à savoir notre nature, et, remontant à son Père, il l'a emportée avec lui (vi, 10, et cf. le contraste de vi, 9). Sa personne cependant est supposée une (vi, 9, 10; xxiii, 49). Seul, il est sans péché et n'a pas reçu le Saint-Esprit in mensura (vi, 12; vu, 1).

Sur la rédemption , la doctrine de notre auteur présente les idées courantes. Jésus-Christ est notre médiateur ; il a pris sur lui nos péchés et en a payé la peine : il a été notre victime : « Cum peccatores essemus^ peccatum omnium nostrum ipse [Christus] pottavit, factusque est nuntius reconciliationis inter Deum et creaturam eius... Cum enim mali destructor existeret, poenam ipse reddendam sihi suscepit » {xiv, 11). « Ohlatus est hostia çiva propter nos » (il, 6). Mais du reste, si Jésus-Christ a assumé notre nature, c'est afin que, par l'humilité qui nous convient, nous devenions participants de la sienne (vi, 10).

Nous correspondons à la rédemption par la foi, la charité et l'espérance qui nous justifie ; puis nous devenons parfaits et sommes couronnés (i, 3). Les bonnes œuvres sont nécessaires au salut (i, 3; m, 8; iv, 14). Entre les vertus est recommandé l'état de virginité et de continence, bien que le mariage ne soit pas absolument interdit (vi, 3-7, 19).

L'Eglise est conduite par des pasteurs. Aphraate consacre à ces pasteurs sa démonstration x. Pierre a été le premier des disciples, le fondement de l'Église,

le témoin fidèle (vu, 15; xi, 12; cf. xxi, 10; xxiii, 12). — Le baptême, institué par Jésus-Christ quand il lava les pieds de ses disciples (xii , 10) , se donne au nom des trois personnes divines (xxiii, 63); il est une régénération, remet les péchés et confère le Saint-Esprit (iv, 19; VI, 14; xi, 11). — L'eucharistie est le corps et le sang de Jésus-Christ (m, 2; iv, 19; xii, 6 et suiv.), un sacrement (ou mystère) que l'on reçoit après le baptême (xi, 12; xii, 9; iv, 19), mais qu'il faut recevoir avec une conscience pure (xii, 9; m, 2). Elle est aussi un sacrifice (xii, 9; cf. xvi, 3).

Aphraate traite de la pénitence dans la démonstration VII. D'une part, s'adressant aux pécheurs, il les presse de déposer toute fausse honte et d'avouer leurs fautes, de demander la pénitence aux médecins des âmes (3, 8, 12) : cet aveu est on ne peut plus utile (9, 14,15, 16) ; il est nécessaire pour obtenir la guérison (5), après d'ailleurs que le coupable a conçu de sa faute une douleur profonde (2), et s'est résolu à la pleurer toute sa vie (23). D'autre part, notre auteur recommande aux médecins d'abord de garder secrets les aveux qui leur sont faits, de peur que la communauté tout entière et les innocents ne soient deshonorés si les fautes des coupables sont connues des ennemis des chrétiens ^ ; ensuite il leur recommande de ne jamais refuser la pénitence ni repousser les pénitents : « Non debetis medicinam ils denegare quibus curatione opus est » (4). De pareils refus sont un abus intolérable (25). L'auteur ne fait aucune distinction : il faut pardonner à tous (23) ; et il est clair qu'il comprend dans ce mot les fornica-

1. VIT, 4 : « Vos igitur medici... quicunque vobis suuni vulnus detexerit, ei remedium imponite paenitentiae; eum autem qui infirmitatem suam manifestare erubuerit, ne hanc a vobis abscondat adhortamini; cumque ipsam vobis revelaverit, nolite eain publicare, nepropler illum ab inimicis et ab iis qui nos oderunt innocentes in culpa esse iudicenlur. »

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teurs et les sacrilèges (25). — Maintenant, qui sont proprement ces pénitents et ces médecins dont il parle ; et fait-il allusion simplement à la coulpe monastique? Il est certain que ses exhortations visent en effet particulièrement ceux qui s'étaient voués à la vie cénobitique ^ religieuse et à la chasteté (25) ; mais il est certain aussi qu'il a en vue des fautes graves qui entraînent la mort éternelle (25). D'autre part, ces médecins qui doivent guérir les pécheurs « détiennent les clefs des portes du ciel et ouvrent ces portes aux pénitents » (11). Il est impossible de ne pas voir dans ces mots une allusion à Matth.y XVI, 19, et de n'en pas conclure que ces médecins ne sont pas des moines ordinaires : ce sont des confesseurs investis d'un pouvoir spécial, du pouvoir des clefs en vertu duquel ils agissent. Nous voilà tout près de la discipline commune de la confession 2.

L'imposition des mains de l'ordre est mentionnée (xiv, 25) : les trois ordres hiérarchiques sont l'épiscopat, le presbytérat et le diaconat (xiv, 1). De l'huile il est dit qu'elle contient le signe « du mystère de vie qui fait les chrétiens, les prêtres, les rois, les prophètes; quelle illumine les ténèbres, oint les malades, et, par sa signification cachée, réconcilie les pénitents » (xxiii, 3) : allusions aux onctions du baptême et peutêtre de la confirmation, à celles faites sur les malades (extrême-onction?) et au rite réconciliateur des [hérétiques] pénitents (la confirmation encore).

De toutes les parties de la théologie d'Aphraate la plus archaïque est assurément l'eschatologie. Notre auteur regarde le chrétien comme composé de trois éléments, le corps, l'âme et l'Esprit-Saint qu'il a reçu au baptême (vi, 14). L'âme est immortelle {ibid.),

\. Le mot ermites (pf-»-**) peut parfaitement désigner des cénobites. 2. La démonstration XIY, 44 fait mention de l'excommunication.

mais, quand le corps est enseveli, elle est ensevelie avec lui et se trouve privée de sentiment : une sorte de sommeil engourdit ses puissances (vi, 14; viii, 19, 20). Quant à l'Esprit, si le corps l'a contristé par sa mauvaise conduite, il n'attend pas la mort pour s'en séparer et être son accusateur auprès de Jésus-Christ. Dans le cas contraire, il ne l'abandonne qu'à la mort, et, remontant vers le Christ dont il est TEsprit, il prie le Sauveur de ressusciter ce corps et de l'unir lui. Esprit, à ce corps de nouveau (vi, 14).

Les trépassés cependant dorment dans leurs tombeaux; mais, bien qu'ils n'y discernent pas le bien du mal, et qu'ils n'y perçoivent pas, distinctement du moins, les justes leur récompense et les méchants la peine qui les attend (viii, 20), ils y éprouvent pourtant comme des pressentiments et des rêves qui rendent ce sommeil agréable aux justes et pénible aux pécheurs (viii, 19). Enfm, après 6000 ans depuis sa création, le monde touche au terme de sa durée (ii, 14); les morts ressuscitent et dans le corps même qui a été enseveli, non dans un corps étranger et céleste (viii, 1-4; XXII, 15). L'Esprit- Saint se tient à la porte du tombeau des justes et, au moment où retentit la trompette, s'unit à leur corps et le transfigure, absorbe leur âme, et les rend ainsi tout spirituels. Dans cet état, les élus vont au-devant du Christ (vi, 14; viii, 4, 5, 23). Les méchants ressuscitent aussi; mais leur corps reste terrestre et le Saint-Esprit ne se réunit pas à eux (viii, 4, 5, 23).

Suit le jugement. Aphraate paraît supposer parfois que tous les hommes seront jugés (viii, 20; xxii, 15); ailleurs il dit positivement que ni les justes, ni les impies dont les crimes sont notoires — les idolâtres par conséquent — ne le seront (xxii, 15-17). Il n'y aura donc à être jugés que les pécheurs ordinaires [ibid.].

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et alors seulement Dieu décernera définitivement à chacun ce qu'il mérite (viii, 22). Les impies et les idolâtres, aussitôt après la résurrection, retourneront en enfer — ils y étaient donc déjà — (xxii, 17); les pécheurs condamnés dans le jugement final iront aussi au supplice et leur sentence restera sur eux (xxii, 18; VIII, 19, 20; VI, 18). Leurs peines toutefois seront proportionnées à leurs fautes, et tel sera condamné aux ténèbres extérieures, tel autre au feu, tel autre au supplice du ver qui ne meurt pas (xxii, 22, 23). Quant aux justes, ils seront récompensés de même suivant leurs mérites, et notre auteur se plaît à faire du paradis qui sera leur séjour une peinture délicieuse (xxii, 12, 13, 19-21; cf. xiv, 22). Des réprouvés comme des élus du reste l'état, et partant la peine ou la récompense, sera éternel : « Neque impii resipiscent regnumque ingredientur ; neque iusti peccabunt amplius ut ad crucial iim abeant » (xx, 12).

Il n'est pas besoin d'insister pour montrer la pauvreté relative de cette théologie, comparée avec celle des Pères grecs et latins contemporains d'Aphraate, Athanase, Cyrille de Jérusalem, Hilaire. Placé loin des controverses, le sage perse^ comme on l'a appelé, s'efforçait surtout de vivre sa foi et de la faire vivre autour de lui, mais d'ailleurs se contentait, au point de vue spéculatif, de coordonner de son mieux les enseignements scripturaires, en les éclairant des quelques explications qu'une tradition bien timide lui avait léguées.

§ 2. — Saint Ephrem^.

Avec saint Ephrem (+ 373), qu'une légende vraisemblable a mis en rapport avec saint Basile, nous

1. Les œuvres dogmatiques de saint Ephrem sont contenues — sauf

nous rapprochons du monde grec. Non pas que le moine syrien en ait eu la mentalité, mais parce que , dans les dernières années de sa vie, surtout à Edesse (363-373), il se trouva forcément mieux informé des disputes qui s'y produisaient et des décisions qui y étaient prises. Au reste, l'église syrienne orthodoxe n'a pas eu tort de le considérer comme son docteur par excellence. A tous égards, il la représente admirablement. Plus poète que théologien, et génie qui brille moins par la profondeur et la précision que par la grâce et la fécondité, il possède toutes les qualités comme tous les défauts de sa race. Il a su mettre des fleurs jusque dans la controverse, mais s'est peu inquiété d'enfoncer dans les problèmes soulevés par ses adversaires, gnostiques ou manichéens. La foi de l'Eglise, on va le voir, lui suffisait.

Saint Ephrem, en effet, est essentiellement un théologien qui veut être orthodoxe, et d'une orthodoxie ecclésiastique absolue. L'Eglise enseigne la vérité pleine et entière; elle est l'ennemie de l'erreur; elle défend contre les hérétiques la vérité des Écritures ^ C'est donc de sa bouche qu'il faut apprendre la doctrine de la foi. D'autre part, cette foi est contenue

quelques pièces — dans quatre collections principales : 1° S. Patris nostri Ephraem syri opéra omnia quae exstant graece, syriace et latine recens. P. Benedictus, Ios. et St. Evod. Assema.ncs, Romae, 1737-1746. Les écrits syriaques occupent les trois premiers volumes I-HI; les œuvres grecques les trois autres numérotés également Mil. 2» J. Over- BECK, S. Epkraemi syri, RaOulae, Balaei aliorumque opéra selecta, Oxford, 186a. 3° G. BiCKELL, S. Ephraem syri Carmina nisibena, Leipzig, 4866. 4° J. Lamy, s. Ephraem syri Hymni et sermones , 3 vol., Mechliniae, 188-2-1889. Ces collections seront généralement citées ici simplement par le tome et la page, et, pour la collection romaine, j'omettrai même le titre, la mention du tome, sans autre indication, marquant qu'il s'agit de la partie syriaque — latine. — Travaux : G. Eirainer, Der hl. Ephraem der Syrer, eine dogmengeschichtliche Abhandlung^ Kemplen, 1889. F. G. BuRKiTT, Early eastern Christianily^ London, 190i. J. Lamy, Saint Ephrem, dans l'Université catholique, 1890, tom. III et IV. 1. II, 442 6 E;560 B.

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dans les Livres saints^ , et c'est le rôle de la théologie de les étudier et de les expliquer. Mais toute la vérité religieuse vient de ces deux sources, l'Écriture et l'Église. En dehors de là, notre auteur pense qu'il est inutile ou plutôt nuisible de chercher : « Il y a dans l'Église une recherche pour ce qui est révélé : il n'y en a point pour ce qui est caché ^. » Les recherches n'aboutissent point et ne donnent pas le repos ^. « Celui qui croit ne cherche point : celui qui cherche ne croit point^. » C'est assez dire le peu de cas que saint Ephrem fait de la philosophie et des philosophes. Quant à son exégèse, à lui, elle est plus littérale qu'on ne l'attendrait d'un poète, et tient bien le milieu entre la manière d'Antioche et celle d'Alexandrie.

Notre docteur s'exprime assez nettement sur la distinction des personnes de la Trinité, leur unité de substance, leur égalité et leur circumincession. N'oublions pas que son premier évêque, Jacques de Nisibe, avait assisté au concile de Nicée : « Que le Père, le Fils et le Saint-Esprit soient un (unum)^ crois-le et confesse-le; qu'ils soient trois, n'en doute point ^. » Mais comment l'être divin peut-il être en trois sans être divisé, nous ne saurions le dire, puisque cet être ne nous est connu que par analogie ^. Toutefois, pour en donner quelque idée, saint Ephrem apporte la comparaison du soleil dont l'éclat, la lumière et la chaleur se compénètrent en lui tout en étant distincts entre eux'^. D'autre part son Testament — M. R. Duval en a contesté l'authenticité — contient la protestation

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