m, 34 B; Hymni et serm., Il
APHRAATE, SAINT EPHREM. 213
Saint Ephrem le décrit d'après la Genèse. Ils étaient immortels, exempts de douleurs et de maladies \ remplis de sagesse et de science ^, capables cependant d'éprouver la concupiscence, puisque, suivant notre auteur, la tentation par le serpent ne fut que l'occasion, non la vraie cause de leur chute ^, enfin revêtus d'une lumière surnaturelle qui leur cachait leur propre nudité'*, et que saint Ephrem paraît avoir regardée comme un reflet extérieur de leur grâce intérieure, car il dit que le baptême nous rend cette splendeur ^. Ces dons furent perdus par la désobéissance d'Adam et d'Eve. Une double mort suivit leur péché, mort de l'âme immédiate, mort du corps différée ^. Cette chute a eu en nous son écho, car c'est elle qui nous a condamnés aux douleurs et à la mort ^. Mais saint Ephrem ne dit pas que le péché même d'Adam nous ait été transmis. En revanche, il insiste beaucoup, contre les manichéens, les gnostiques et les astrologistes, sur la persistance en nous de la liberté même après la chute. Ce n'est pas qu'il méconnaisse la nécessité du secours de Dieu pour le salut. Cette liberté est malade et Dieu seul peut la guérir; si la grâce n'ouvre pas notre oreille, elle reste sourde aux exhortations divines ^. Nous avons besoin de lumière, de santé, de force : il faut les demander à Dieu^. Cette grâce toutefois nous aide, elle ne nous nécessite pas : notre liberté reste entière ^^.