Epist. Siricii
4. Sources : Saint Jérôme, Epist. LXI, CIX; Contra Vigilantium (P. L., XXIII); Gennadius, De scriptoribus ecclesiasticis, 33 (P. L., LVIII).
il s'éleva peu à peu jusqu'au sacerdoce, fut chargé plusieurs fois de missions honorables, et se trouva en rapport avec saint Jérôme et Paulin de Noie. Cela seul prouve qu'il n'était pas aussi « imperitus verbis et scientia et sermone inconditus » que le prétend saint Jérôme \ mais qu'il était plutôt, comme le dit Gennade, « homo lingua politus » ^. Quoi qu'il en soit, cet homme poli semble avoir manqué d'une certaine largeur d'esprit. Frappé probablement des abus se produisant presque toujours au sein des masses dans le culte rendu aux saints et à leurs reliques, ou témoin encore de certains excès pieux auxquels se laissaient entraîner quelques moines ou ascètes, il ne sut pas distinguer entre l'usage et l'abus, la pratique et l'excès, et condamna en bloc des coutumes et une discipline qui sortaient des entrailles mêmes du dogme chrétien.
C'est vers l'an 403 qu'il publia ses erreurs. Rien n'est resté de ses écrits que ce que saint Jérôme en a conservé dans ses réfutations, et il se peut que le rude polémiste, en rapportant les sentiments de son adversaire, les ait un peu exagérés. Tout se tient bien cependant dans son exposé, et l'exagération, si elle y est, n'est pas altération ni déformation.
Deux pratiques principales provoquent la critique de Vigilance : la vie monastique et le culte des saints.
Il ne veut pas de la vie monastique. Le jeûne est inutile (1)^. Mieux vaut donner petit à petit son bien aux pauvres que de le distribuer d'un coup tout à la fois (14) ; et mieux vaut secourir les pauvres de son pays que d'envoyer des aumônes aux monastères pa-