‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 189 sur 426 · Adv. lovinian., Il · texte numérisé non relu

Adv. lovinian., Il

3. « Virgo concepit, sed non virgo generavit » {Epist. syyi. medioL 4; AuGusT., De haeres., 82.

LES HERESIES LATIiNES DU IV» SIECLE. 247

pensés ^ L'important était de conserver la foi, et on la conservait sûrement si on l'avait apportée dès le principe pleine et ferme dans son baptême. Or, nous verrons que cette idée du salut par la foi et par le seul baptême, cette idée du salut universel des chrétiens était une idée qui, à la fin du iv^ siècle, hantait plus d'un esprit et que saint Augustin dut combattre énergiquement 2. La doctrine de Jovinien avait donc en réalité plus d'importance qu'il ne semble d'abord : il y allait de toute la morale chrétienne.

On s'en aperçut, et l'erreur fut dénoncée au pape Sirice par un ami de Jérôme, Pammachius et d'autres chrétiens distingués. Le pape la condamna dans un synode romain, en 390^, et communiqua cette décision à saint Ambroise qui la fît recevoir et confirmer dans un petit concile tenu à Milan la même année. La lettre synodale écrite à cette occasion à Sirice nous apprend (13) que l'empereur lui-même — c'était Valentinien II — avait exsécré cette erreur. En 406, Jovinien était mort ; mais avant de mourir, il avait pu lire la virulente réfutation que, en 392 ou 393, saint Jérôme avait écrite de ses idées. Il ne paraît pas d'ailleurs que celles-ci lui aient survécu.

A Jovinien on associe souvent Vigilance* comme offrant avec lui une parenté intellectuelle. Né en Gaule, probablement non loin de Toulouse, vers l'an 370, et d'abord esclave dans les domaines de Sulpice Sévère,

1. « Si autem mihi opponis, disait Jovinien, quare iustus laboret in pace, aut persecutionibus, si nullus protectus est nec maiora praemia : scias hoc eum facere non ut plus mereatur, sed ne perdat quod accepit » {Adv. lovinian., ÏI, 18).

Page 1