In Lucam, V, 97; /n psalm. CXVIII, sermo XXII
de l'Église peuvent suppléer au silence de l'Écriture, comme on le voit pour maintes pratiques ^ Et nous connaissons par l'histoire tous les faits qui supposent dans nos auteurs la conviction intime que la vraie Église ne peut errer dans son enseignement. L'argument tiré des « Pères » n'était pas encore, il est vrai, complètement créé, et saint Hilaire n'était pas fixé sur ce qui faisait au juste l'autorité d'un concile^. Saint Jérôme cependant a opposé auxpélagiens les écrits de saint Cyprien et même de saint Augustin^; et l'on sait que les définitions de Nicée ont été regardées par saint Hilaire comme irréfragables.
Mais autant les écrivains latins du iv® siècle relèvent l'autorité de l'Écriture et celle de l'Église, autant fontils peu de cas de la philosophie, du moins si l'on entend ce mot des spéculations métaphysiques. En général, ils ne veulent pas de l'immixtion de la philosophie dans les choses de la foi. Saint Hilaire l'en écarte expressément, la déclarant inhabile à nous y éclairer*. Saint Ambroise, qui pense d'ailleurs que la philosophie a emprunté aux Écritures ce qu'elle a dit de bien, l'accuse de nous empêcher de trouver le Christ^. Tous la présentent comme une science vaine, incapable de nous faire vivre, plus riche de paroles que de vérité, devenue inutile par l'avènement du Christ^. De ce concert toutefois, qui n'étonnera pas de la part de nos latins du iv® siècle, il faut excepter Victorin. Philosophe dans le paganisme, il n'a pas renoncé à l'être en