De fide, IV
faites contre la doctrine nicéenne. Candidus, dans son Liber de generatione dwina, 1-7 ^ a objecté qu'on ne saurait imaginer en Dieu une génération. Elle blesserait son 'immutabilité parce qu'elle suppose un changement (mutatio), sa simplicité par ce qu'elle emporte une division, une séparation. D'autre part, un Verbe engendré ne saurait être Dieu, puisqu'il aurait passé d'un état à un état; il ne saurait être consubstantiel au Père : « Ex quibus apparet quoniam neque consubstantiale est quod generatur, neque sine conversione generatio a Deo^ ».
Victorin s'efforce, par la philosophie, de résoudre ces difficultés, tout en reconnaissant combien il est malaisé de traiter de ce qui regarde Dieu ^. Il remarque d'abord que toute action implique un mouvement : « Facere nonne motus est? » ; mais il n'est pas vrai que tout mouvement implique un changement, une mutatio^. Dieu est éternellement en action, en mouvement : il se meut sans cesse '^. Ce mouvement est une faction, une création par rapport aux êtres contingents, mais par rapport au Verbe c'est une génération; génération éternelle comme le mouvement dont elle est le terme, et parce que le Verbe, ayant été l'instrument de la création, a donc préexisté à toute créature^. Sans doute, Victorin laisse échapper çà et là quelques expressions incorrectes : le Père est antiquiovy le Fils iunlor; le Père a créé le Logos''; mais sa pensée n'est pas douteuse. Le Verbe est éternel et
\. p. L., VIII, col. 1013-1017.