Apologia proph. David
conséquence du péché d'Adam, la seconde mort — l'enfer — ne nous sera infligée que pour nos péchés personnels, mais il dit cependant que la malédiction qui, dans le principe, ferma le ciel à Adam s'est trouvée étendue à tous les hommes. Si donc le péché originel ne nous précipite pas par lui seul en enfer, il nous exile au moins du ciel.
L'Ambrosiaster a écrit sous Damase (366-384)*. Après lui et avant saint Augustin nous ne trouvons rien de plus net sur le péché d'origine. Saint Jérôme en énonce clairement la doctrine à la fin de son dialogue contre les pélagiens, m, 18. Mais ce dialogue est de la fin de l'année 415, et postérieur par conséquent aux premiers écrits antipélagiens de l'évêque d'Hippone dont il fait l'éloge.
La chute originelle cependant n'a pas détruit en nous la liberté, et le péché reste notre fait. Toutefois il nous est difficile de l'éviter, et bien que la chair ne soit pas l'auteur responsable, mais seulement l'organe du désordre voulu par l'âme, elle n'en coopère pas moins à l'iniquité 2. Nous ne saurions, sans la grâce, nous sauver. Il ne paraît pas que nos auteurs requièrent cette grâce surnaturelle ou médicinale pour l'accomplissement de toutes les œuvres même moralement bonnes, ni, à plus forte raison, qu'ils considèrent les œuvres faites hors de la foi comme des péchés. Au contraire, saint Jérôme croit que, sans être chrétien, on peut mener une vie honnête, et il pense même que cette honnêteté est une préparation à recevoir la foi^. D'autre part, saint Ambroise ne condamne pas les vertus