De trinit., III, 16, 20; In psalm. LV
à la fin' des temps transformée par la gloire « non abiecto corpore, sed ex subiectione translate, neque per defectionem abolito, sed ex clarificatione mutato^ ». Cette transformation n'est pas une conversion substantielle de la nature humaine du Sauveur : c'est un changement dans les conditions et le mode de son existence.
Reste la question de la dualité des natures et de l'unité de personne en Jésus-Christ. Le v® siècle devait la trancher et fixer pour l'Orient la terminologie dont on y userait. L'Occident du iv^ siècle ne connut que dans une faible mesure ces fluctuations. Un auteur peu strict, comme Zenon, emploiera, pour exprimer l'incarnation, des expressions de saveur tantôt nestorienne, tantôt monophysite : « Infunditur [Deus] in hominem » — « Deus, ex persona hominis quem assumpseraty ait » — « Mistus itaque humanae carni se fingit infantem » — « Homo mistus » — « Tu Deum in hominem demutare valuisti'^ ». Mais alors même, si l'on va au fond, on trouve une doctrine exacte. Cette doctrine est que, dans Tincarnation, le Verbe ne s'est pas changé en la chair qu'il a prise ^, qu'il ne s'est pas fait une fusion du Verbe et de l'humanité en un tertium quid qui n'aurait été ni Dieu ni homme ^, mais que le Verbe s'est uni une nature humaine de telle sorte qu'après l'union il n'y a qu'une personne, un Fils naturel de Dieu, et que cependant les deux natures divine et humaine subsistent distinctes avec leurs attributs et leurs opérations propres. Quelques citations justifieront cet énoncé. Saint Hilaire : « Nescit
1. De trinii.y XI, 40; cf. In psalm. CXUII, 7; LXVIII, 23; II, 27.