‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 232 sur 426 · Ambroise, In psalm. XL VIII · texte numérisé non relu

Ambroise, In psalm. XL VIII

bien clair; mais quelques-uns d'entre eux ont de plus emprunté à Origène et à Grégoire de Nysse leur théorie des droits du démon. Saint Jérôme la rapporte en simple érudit, mais, comme il ne la blâme ni ne la critique, il paraît bien la faire sienne ^ . Le doute en tout cas n'est pas possible pour saint Ambroise. Cette conception flatte son génie d'orateur, et il se complaît à la développer. Par le péché nous nous sommes vendus au démon; car le péché est comme le trésor du démon, et la monnaie dont il nous achète. Devenus ainsi captifs, nous étions incapables de nous délivrer nous-mêmes, de payer notre rançon. Mais Jésus innocent, lui, n'est pas captif du démon; il offre à ce cruel maître, pour notre rançon, son propre sang, infiniment supérieur à ce que nous valions. Le démon accepte; le prix est payé, nous sommes libres. Ou plutôt nous avons changé de créancier ; car notre dette subsiste, mais envers Jésus-Christ à qui nous nous devons nousmêmes : a Pretium autem nostrae liberationis erat sanguis Domini lesu, quod necessario solvendum erat ei, cui peccatis vendit! sumus ». « Venit Dominus Jésus, mortem suam pro morte omnium obtuiit, sangui-. nem suum pro sanguine fudit universorum. Mutavimus ergo creditorem; imo evasimus : manet enim debitum, fenus intercidit^. »

Saint Ambroise expose ici proprement la théorie de la rançon payée au démon par Jésus-Christ. Mais la théorie des droits du démon peut aussi se présenter sous une forme moins odieuse. Par le péché, les hommes sont tous tombés en la puissance du diable, et c'est pourquoi ils deviennent la proie de la mort, sa complice, et sont retenus ensuite captifs dans les cachots

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