Le dogme de la rédemption, p. 415 et suiv
6. Amdroise, In Lucam, V, 46; In psalm. XXXIX, 2; Epist. VII, 12; Hilaire, In psalm. CXXIX, 9.
§ 7. — Ecclésiologie.
Jésus-Christ se continue dans le monde par l'Église. Elle n'est pas seulement la montagne du Seigneur, la maison de Dieu où habitent ses enfants : elle est le corps de Jésus-Christ ^ Et comme Jésus-Christ était hier, est aujourd'hui, et sera au siècle des siècles, l'Église, prise dans sa plus large acception, est l'assemblée de tous les saints, membres de Jésus-Christ, qui ont vécu, qui vivent et qui vivront jusqu'à la fin des temps. Et non seulement des hommes, mais des anges et des principautés qui, eux aussi, ont été, au témoignage de l'Apôtre, réconciliés dans le Christ. C'est la belle idée de l'Église qu'a donnée Niceta dans son commentaire du symbole : « Ecclesia quid est aliud quam sanctorum omnium congregatio? » (10). Il en conclut que, dans l'Église, le fidèle bénéficie de la communion des saints^ formule qui apparaît dans le symbole pour la première fois chez lui ou du moins à cette époque, bien qu'elle puisse être plus ancienne. Dans un sens positif, elle indique que le fidèle entre, par le baptême, en société de foi, de suffrages et de mérites avec tous ceux qui font partie de l'Église, tous les saints, défunts, vivants ou à venir. Au sens négatif, elle marque qu'il est séparé des païens et des sectes qui ne sont pas l'Église de Jésus-Christ, qui sont la communio malorum. Imaginée peut-être d'abord par les rebaptisants et les novatiens, qui n'admettaient dans leur église que des justes, l'expression fut adoptée, à la fin du iv^ siècle, par les orthodoxes pour signifier l'union entre eux des membres de la vraie Église universelle^.