Inisaiam, I, 1 ; XIH
11 déclare que nous ne pouvons savoir au juste ce que seront les peines de l'enfer^ ; il ne paraît pas toutefois avoir partagé l'opinion d'Origène, qui ne voyait dans le feu des damnés qu'une image des remords de leur conscience^.
C'est dans saint Ambroise que nous trouvons les données eschatologiques les plus complètes, et c'est chez lui surtout qu'il convient de les étudier, puisqu'il a été par sa situation le représentant le plus autorisé de la théologie latine à la fin du iv^ siècle. D'autre part, il n'est pas possible d'harmoniser en une synthèse absolument sûre certains traits épars de cette eschatologie. Le fil conducteur fait défaut, et l'on hésite parfois sur l'ordre à établir dans la disposition de matériaux d'ailleurs excellents. Il sera bon de s'en souvenir, en lisant cet essai de reconstitution.
La mort est un bien, car elle met fin au péché et nous fait passer à un meilleur sort {in melius reparariy-, c'est l'idée de Méthodius d'Olympe. L'âme en effet non seulement survit au corps, mais acquiert, par sa séparation d'avec lui, une vigueur nouvelle [ngor nobis noçus infunditur] ^. Que devient-elle?
Appuyé sur le iv® livre d'Esdras, saint Ambroise représente les âmes, au sortii du corps, comme reçues dans des habitacles, des promptuaria supérieurs, où elles attendent la fin des temps. Un jugement cependant s'est déjà exercé sur elles, car ieur sort n'est pas identique : « alias manet poena, alias gloria; ettamen nec illae intérim sine iniuria, nec istae sine fructu sunt y> ; celles des justes jouissent par avance de la récompense méritée ; celles des méchants souffrent de
.. Inisaiam, XXIV, 21.
2. Epist. CXXIV, 7; In epist. ad Ephesios, V, 6; cf. In Isaiam, LXVI,