‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 276 sur 426 · De excessu fratris, U · texte numérisé non relu

De excessu fratris, U

la colère de Dieu qu'elles savent devoir les cliâtier*. De ces âmes toutefois un certain nombre sont dès maintenant entrées dans le paradis. Le saint docteur le dit formellement de saint Jean Tévangéliste (in paradiso est, nec separatur a Christo)^, et il faut étendre — comme le faisaient généralement les anciens écrivains — ce privilège aux patriarches, aux prophètes, aux apôtres et aux martyrs des deux Testaments, même à quelques personnages du Nouveau qui ne rentrent pas dans ces catégories^.

Cet état de choses durera jusqu'à la fin du monde. Bien que saint Ambroise déclare en général que l'époque précise de cette fin nous est inconnue, il la croit personnellement prochaine^. Elle sera signalée par des jours d'impiété et d'iniquité : l'antéchrist, distinct du diable — d'ailleurs son instrument — apparaîtra, qui fera triompher l'erreur^. Mais alors aussi, Jésus- Christ viendra sur les nuées, et les morts ressusciteront^. Saint Ambroise distingue nettement deux résurrections qu'il suppose séparées par un intervalle'; on n'en saurait conclure cependant qu'il est millénariste. De ces deux résurrections, la seconde n'est peutêtre que métaphorique : elle désigne l'entrée dans le ciel, après l'épreuve, de ceux qui auront été purifiés de leurs fautes. La résurrection implique l'identité du sujet qui est mort et qui reçoit une vie nouvelle [nisi forte ne alius resuscitatus pro alio videretur)^\ elle emporte aussi dans le corps des justes une transfor-

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