‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 294 sur 426 · De trinit., V, 9, H · texte numérisé non relu

De trinit., V, 9, H

que chose d'absolu, mais qu'on ne saurait non plus traiter d'accidents, parce qu'elles sont essentielles à la nature, éternelles et nécessaires comme elle : « Non secundum substantiam haec dicuntur quia non quisque eorum ad seipsum, sed ad invicem atque ad alterutrum ista dicuntur : neque secundum accidens, quia et quod dicitur Pater et quod dicitur Filius aeternum atque incommutabile est... Hoc non secundum substantiam dicuntur, sed secundmu relativum; quod tamen relativum non est accidens, quia non est mutabile ^ . » Ainsi le Père est dit tel ad Filium, le Fils ad Patrem, et le Saint-Esprit ad Patrem et Filium. Quant au mot personne, on l'a employé, faute d'un autre, dans le langage trinitaire pour signifier trois distincts; mais on doit d'ailleurs, comme tous les autres, l'entendre de Dieu d'une façon analogique : « Très utique sunt... Tamen cum quaeritur quid très, magna prorsus inopia humanum laborat eloquium. Dictum est tamen très personae, non ut illud diceretur, sed ne taceretur ^. »

Il est inutile d'exposer les vues de saint Augustin sur la génération du Fils; elles ne font que reproduire ce qui avait été dit avant lui; mais il est fort important de remarquer qu'il a été le premier à enseigner nettement, et en raisonnant son enseignement, la procession du Saint-Esprit a Filio : « Non possumus dicere quod Spiritus sanctus et a Filio non procédât : neque enim frustra idem Spiritus et Patris et Filii Spiritus dicitur 3 ». Est-ce donc que le Saint-Esprit a deux principes, le Père et le Fils? Non : l'action de produire le Saint-Esprit est commune au Père et au Fils,

1. De trinit., V, 6, IG, 17; VII, 24. Cf. De civit. Dei, XI, 10, 1.

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