Epist. XXIII, 7; XXXIV, 1, 5, etc
3. On peut voir ces textes dans J. Martin, Op. cit., p. 373 et suiv.
4. € Prius enim probent se non esse haereticos vel schismaticos, tum demum de indignis poenis suis lividam emittant vocem, tum démuni sese audeant, cum mali aliquid patiuntur, veritatis martyres dicere » (I. 13). € An forle dicent, etiarasi convinciintur in sacrilega dissensione... non tamen ad imperatorum polestatem haec coercenda vel punienda pertinere debere. Qua in re quaero quid dicant : an quia de religione vitiosa vel falsa nihil curandum est talibus potestatibus? Sed multa iam etiam de paganis diximus, et de ipsis daemonibus, quod persecutiones ab imperatoribus patiantur. An et hoc displicet?... Quid islis videatur ut crimen idololatriae putent iuste ab imperatoribus vindicari, aut si nec hoc volunt, cur in veneficos vigorem legum exercer! iuste fateanlur;in haereticos autem atque inipias dissensiones nolint faieri, cum in iisdem iniquitalis fructibus auctoritate aposto-
Ces mesures ont pour but et pour effet de faire réfléchir ceux qui les subissent, de protéger les faibles contre les violences oppressives des méchants'. Le juste n'est donc pas toujours celui qui est persécuté : ce peut être le persécuteur ; ce n'est pas le supplice qui fait le vrai martyr : c'est la cause pour laquelle il souffre : « quod martyres veros non faciat poena sed causa ^ ».
Telle fut la doctrine de saint Augustin sur le point qui nous occupe jusqu'en 404. Cette année-là, il fit un pas de plus. 11 n'avait pas admis jusqu'alors, nous l'avons dit, que l'on obligeât de force les donatistes à abjurer le schisme et à professer la foi catholique. Le concile de Carthage en décida autrement; et l'événement prouva que beaucoup de donatistes, qui parurent d'abord violentés, furent au fond enchantés de l'être et revinrent très sincèrement au giron de l'Église^. Le saint docteur dut s'incliner devant les faits : la contrainte ne faisait pas que des hypocrites. Ses idées en furent modifiées : il se dit que la liberté de l'erreur est, après tout, la pire mort de l'âme, et qu'on rend service aux hommes en les en privant -*. Le Compelle intrare lui apparut comme la justification scripturaire des mesures qu'il avait précédemment condamnées; et il conclut : « In saepibus haerent (haeretici), cogi nolunt. Voluntate, inquiunt, nostra intremus. Non hoc Dominus imperavit : Coge, inquit, intrare. Foris inveniatur nécessitas, nascitur in tus
lica numerentur. An forte nec talia potestates istae humanae constitutionis permittuntur curare ? Propter quid ergo gladium portât qui dictus est minister Dei vindex in iram eis qui maie agunt? » (I, 16).