Enarr. in psalm. Lxxni, 2; Contra Faustim, XIX
quand il est posé et reçu dans des conditions données. C'est par exemple, pour le baptême la régénération spirituelle, pour la confirmation la personne du Saint- Esprit, pour l'eucharistie la vie, fruit de la nourriture mangée, et d'une manière générale « la grâce gui est la vertu des sacrements^ ».
Voilà, au sens augustinien, le sacrement strictement dit. Nous examinerons plus loin si le lien qui rattache ainsi l'existence du don spirituel au signe sensible est proprement un rapport de causalité. Portons pour le moment notre attention sur le rite matériel : il signifie la grâce et est lié à sa production. Qu'est-ce qui, pratiquement et immédiatement, l'élève à cette dignité et lui communique cette vertu : qu'est-ce qui fait par exemple que l'eau touche le corps et purifie le cœur : « Unde ista tanta virtus aquae ut corpus tangat et cor abluat^? » Le saint docteur répond : C'est la parole : « Quare non ait (Christus) : mundi estis propter haptismum quo loti estis, sed ait : propter verhum quod locutus sum {>obiSy nisi quia et in aqua verbum mundat? Detrahe verbum, et quid est aqua nisi aqua? Accedit verbum ad elementum, et fit sacramentum, etiam ipsum tanquam visibile verbum^. » On a vu dans ce texte la preuve que saint Augustin admettait que le rite sacramentel lui-même — par opposition à sa res ou nrtus — se composait de deux éléments, une matière ou un geste visible et des paroles : les paroles donnant au geste ou à la matière sa vertu sanctificatrice. Et sans doute le texte de saint Augustin n'exclut pas cette explication ; mais il est à croire que l'auteur ne restreignait pas aux seules paroles qui accompa-
d. t Gratiaquae sacramentorum virtus est », Enarr. inpsalm. LXXVn, 2; In loan. tract. XXVI. 11; XXYII, 15.