Contra epist. Parmeniani, II
5. N'oublions pas qu'il s'agit toujours, dans la discussion, du baptême et de l'ordre.
avait été en quelque sorte paralysée par ses mauvaises dispositions revivra et donnera ses fruits de salut : « Et ideo si ab illa perversitate correctus et a separatione conversus venerit ad catholicam pacem, sub eodem baptismate quod acceperat eius peccata dimittuntur, propter vinculum charitatis, sub quo baptismate peccata eius tenebantur propter sacrilegium divisionis ^ . »
Est-ce donc que les bonnes dispositions du sujet sont proprement la cause de la production de la grâce dans la réception du sacrement? Le langage même dont se sert saint Augustin écarte cette explication; mais elle est écartée plus radicalement encore par sa doctrine sur l'efficacité du baptême et de l'eucharistie chez les enfants. Ces enfants ne reçoivent pas seulement validement le baptême, ils le reçoivent sa lu briter. Ils n'ont cependant pas même la foi actuelle, mais ils ne lui opposent aucun obstacle positif, et cela suffît : ce etiamsi fidem nondum habeat in cogitatione, non ei tamen obicem contrariae cogitationis opponit, unde sacramentum eius salubriter percipit^ ». Cette explication est encore écartée par une singulière théorie de notre auteur sur la reviviscence des péchés. Il est tellement préoccupé de sauvegarder l'efficacité objective du baptême et de la rendre indépendante même des dispositions du sujet qu'il ne condamne pas l'hypothèse faite par les donatistes que, en un sujet schismatique ou mal disposé, les péchés seraient d'abord effacés par le baptême, mais pour revivre aussitôt par suite de l'impénitence du baptisé^.
La grâce conférée dans le sacrement ne vient donc
1. De haptismo, VI, 7 ; I, 18; V, 9; Contra epist. Parmeniani. II, 28.
2. Epist. XCVlil, 10. Non obicem opponere, c'est le mot qui sera consacré plus lard pour désii^ner les dispositions suffisantes du sujet.