‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 335 sur 426 · De baptismo, I, 19, 20; III, 18; V · texte numérisé non relu

De baptismo, I, 19, 20; III, 18; V

pas des dispositions du sujet : celles-ci sont une condition sine qua non de son obtention, elles n'en sont pas la cause méritoire ou productrice. Comme cette grâce ne vient pas davantage du ministre, il semble que la conséquence soit qu'elle vient du rite lui-même, du sacrement. Oui, sans doute, en ce sens que la position du rite, dans les conditions voulues, entraîne toujours la collation de la grâce; mais non en ce sens que le rite lui-même soit la cause de la grâce. Saint Augustin ne pousse pas ses déductions aussi loin. N'oublions pas que pour lui, le ministre n'est que l'instrument de Jésus-Christ qui agit par ses mains. La collation du sacrement est donc un acte de Jésus-Christ, et le sacrement lui-même, le rite sensible, un signe sous lequel le Christ glorieux, mais vivant toujours dans l'Église, cache son action sanctificatrice : Hic est qui baptizat\ Le sacrement est encore une enveloppe extérieure qui couvre l'opération intime du Saint- Esprit : « Aqua igitur exhibens forinsecus sacramentum gratiae, et Spiritus operans intrinsecus beneficium gratiae, solvens vinculum culpae^. » On peut le comparer à la parole du prédicateur servant de véhicule à Taction de Dieu dans les âmes^. Dans ces conceptions, le rôle du rite est de symboliser, de signifier extérieurement l'effet de grâce directement produit par le Saint-Esprit ou par Jésus-Christ plutôt que d'en être proprement la cause.

Reste enfin la question de l'intention du ministre et du sujet requise pour la validité du sacrement. La solution en devenait embarrassante dans certains cas mentionnés par saint Augustin à la fin de son traité

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