‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 342 sur 426 · In loann. tract. XXVI · texte numérisé non relu

In loann. tract. XXVI

et in quo non manet Christus procul dubio nec mancliicat carnem eius, nec bibit eius sanguinem, sed magis tantae rei sacramentum ad iudicium sibi manducat et bibit ^ . »

Mais ces textes disent-ils bien ce qu'on prétend, et sont-ils une preuve que saint Augustin est un symboliste, qu'il exclue la présence réelle? En aucune façon. Dans les premiers passages, le saint docteur prend le mot sacramentum au sens strict qu'il lui donne souvent, au sens de l'élément matériel qui s'oppose à res ou nrtus sacramenti : « Aliud est sacramentum, aliud virtus sacramenti^ ». Ce mot désigne le pain et le vin. Mais ce pain et ce vin sont précisément le signe, la figure du corps et du sang de Jésus- Christ : le langage de notre auteur est ici conforme à celui de saint Jérôme, à celui du canon donné par le De sacramentis^ comme à celui de saint Cyrille de Jérusalem et de saint Grégoire de Nazianze. D'autre part, dans le De doctrina christiana^ m, 24, saint Augustin n'a pas l'intention d'écrire un commentaire approfondi du Nisi manducaveritis : il le fera ailleurs : il écarte simplement l'idée capharnaïte d'un repas sanglant, et signale d'un mot le caractère commémoratif de l'eucharistie. Et il est évident enfin que dans les passages du De ciçitate Dei et des Tractatus in loannem, l'évêque d'Hippone a en vue une réception fructueuse [vere dicendus est) du corps et du sang de Jésus-Christ. Celui-là n'y participe pas vraiment qui n'en perçoit pas le fruit, à savoir la grâce d'union avec Jésus-Christ et avec ses frères, qui ne reste pas dans l'unité de l'Eglise. N'oublions pas que pour les Africains, l'eucharistie est le

1. In loann. tract. XXVI, 18. H y a dans le texte imprimé des interpolatioDs mises entre crocliets que je n'ai pas reproduites. Et voyez tract. XXVI, 13; XXVII, 1, 3, 6, 11.

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