‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 361 sur 426 · De civit. Dei, X · texte numérisé non relu

De civit. Dei, X

tême, ni la réception de Teucharistie, ni l'orthodoxie de notre foi, ni l'aumône toute seule qui nous sauvera ; c'est l'ensemble de notre vie et de nos bonnes œuvres; et il n'y aura pas de condamnés au dernier jour que les idolâtres et les infidèles.

En ce qui regarde la nature et la durée de la peine des réprouvés, saint Augustin n'est pas moins ferme, au moins sur les points qui appartiennent au dogme proprement dit. Ils souffriront d'une peine commune, Vaiienatio a cita Dei\ à laquelle s'ajoutera une peine d'ordre inférieur, celle que nous appellerions la peine du sens. Bien que l'évêque d'Hippone ne veuille rien trancher absolument, il opine à voir, dans le ver rongeur dont il est question dans l'Évangile, les remords de la conscience, mais dans le feu, un feu réel et matériel qui torturera les damnés, hommes et démons, dans leur corps et dans leur esprit, ou, si l'on prétend que les démons n'ont pas de corps, qui les torturera dans leur être spirituel quamns miris, tamen veris modis-. Ces peines seront différentes naturellement suivant la culpabilité de chaque réprouvé, et celle des enfants morts sans baptême sera mitissima omnium poena ^; mais pour tous elles seront éternelles. C'est une thèse sur laquelle le saint docteur est souvent revenu, précisément parce qu'il connaissait les résistances qu'elle rencontrait^. Non content de l'établir par l'Ecriture — notamment par les textes de l'Apocalypse (xx, 9, 10) et de saint Matthieu (xxv, 41, 46) — et par l'usage de l'Église de ne pas prier pour les damnés, il s'est efforcé

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