‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 364 sur 426 · Sermo CLXXII · texte numérisé non relu

Sermo CLXXII

6. Enchiridion, CX; De octo Dulcit. quaestion., qu. II; Sermo CLXXII, ; De cura pro mortuis gerendu, 2, 3; cf. Confess., IX, 32.

sacré à la description de leur félicité le livre xxii de la Cité de Dieu. Cette féliciié ne sera pas la même en tous : cette différence néanmoins ne fera naître en eux ni peine ni jalousie ^ Dans un bonheur éternel, inamissible, dans une jouissance et une paix qui surpassent toute compréhension, comme les anges, les élus verront Dieu face à face 2. Le verront-ils, après la résurrection, des yeux du corps : « utrum per ipsum (corpus) sicut per corpus nunc videmus solem, lunam, steilas? » Ils verront ainsi Jésus-Christ; mais Dieu?... Notre auteur écarte l'objection philosophique qu'un corps ne saurait percevoir un esprit : il avoue néanmoins qu'il est difficile sinon impossible de prouver que les bienheureux puissent voir Dieu de leurs yeux matériels^. Quoi qu'il en soit, à cette vue, sensible ou spirituelle, de Dieu, se joindra dans les bienheureux la jouissance d'un corps léger, obéissant à l'âme, d'un libre arbitre désormais impeccable, et par conséquent, l'harmonie parfaite de leur être et de leurs facultés. Dieu sera pour eux « et vita, et virtus, et copia, et gloria, et honor, et pax et omnia bona » ; il sera tout en tous*.

Ajoutons enfin que, après le jugement dernier, ce qu'il y a de périssable et de grossier dans le monde actuel périra par le feu, et qu'un monde nouveau apparaîtra, adapté et disposé pour l'humanité régénérée et immortelle qui doit désormais en jouir : « ut scilicet mundus in melius innovatus apte accommodetur hominibus etiam carne in melius innovatis^ ».

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