‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 368 sur 426 · P. L., t. XLV; répété t. XLVUI · texte numérisé non relu

P. L., t. XLV; répété t. XLVUI

SAINT AUGUSTIN BT LE PÉLAGIANISME. 439

litate consistit ^ » Et ce pouvoir de choisir, bien que reçu de Dieu, nous est tellement essentiel que nous ne saurions ne pas l'avoir. Il y a en effet, disait Pelage, trois choses à distinguer dans l'acte libre, posse, velle^ esse : « Posse in natura, velle in arbitrio, esse in effectu locamus. » Or, je puis bien ne pas vouloir le bien ni l'exécuter, mais je ne saurais ne pas avoir le pouvoir de le vouloir et de le faire. D'autre part, le vouloir et le faire dépendent de moi, et c'est moi qui me les donne : de là le mérite et la récompense due à mes oeuvres : « Primum illud, id est posse ad Deum proprie pertinet, qui illud creaturae suae contulit : duo vero reliqua, hic est velle et esse ad hominem referenda sunt, quia de arbitrii fonte descendunt. Ergo in voluntate et opère bono laus hominis est 2. »

On objectait à cette toute-puissance de la volonté libre qu'elle avait été affaiblie dès le principe et se trouvait inclinée au mal. Les pélagiens le niaient résolument : la liberté était, à leur avis, une balance dont les plateaux bien équilibrés ne pouvaient être mus que par la volonté^. Dès lors, rien ne s'opposait à ce que l'homme, toujours capable d'éviter le mal et d'observer les commandements de Dieu, vécût, à la rigueur, sans péché : « Ego dico posse esse hominem sine peccato ^. » Pelage, sans doute, n'osait pas toujours affirmer le fait^; d'autres fois cependant, il ne craignait pas d'assurer que beaucoup de philosophes, avant ou après Jésus-Christ, avaient constamment

i. JouEN ap. AuGUST., Contra Iulian. op. imper f., I, 78, 79; Pelage, Libell. fideU 13.

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