‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 388 sur 426 · Contra Iulian. op. imp., II · texte numérisé non relu

Contra Iulian. op. imp., II

primum peccatorem requiris , diabolum vide. » Or, il n'est pas dit que le péché est entré par le diable mais per hominem; il s'agit donc ici de transmission, non d'imitation ^ . D'autre part, notre auteur faisait d'abord de peccatum le sujet de pertransiit; Julien le lui reprocha, trouvant cette interprétation arbitraire. Augustin remarqua qu'il importait peu que l'on fit de mois ou de peccatum le sujet de pertransiit, puisque la mort ne serait pas passée dans les enfants d'Adam si le péché lui-même n'y était pas passé : « quia non erat iustum sine crimine transire supplicium^ ». Quant à in qiiOy après avoir hésité quelque temps, il le fit rapporter à hominem : « Restât ut in illo primo homine peccasse omnes intellegantur ^ ». Mais il s'obstina toujours à le traduire en qui, et repoussa le sens de propter quod, eo quod que les pélagiens donnaient au grec 1^' ô : c'était là à son avis un sens nouveau, défectueux, faux : « novum atque distortum et a vero abhorrentem'* ».

Le texte de saint Jean, m, 5, est le suivant : « Nisi quis renatus fuerit ex aqua et spiritu, non potest intrare in regnum Dei. » Il indique clairement que l'on n'entre au royaume des cieux que moyennant une renaissance. Les pélagiens tâchaient de s'en débarrasser en distinguant le royaume des deux, qui exigeait en effet le baptême, de la vie éternelle , lot des non baptisés, enfants ou qui ont observé la loi naturelle. Saint Augustin a bien exposé ce système dans son sermon ccxciv, 2. Au fond, la question était de savoir si, entre l'état de salut et de damnation, entre le ciel et l'enfer,

4. Senno CCXCIV, IS; De peccat. merit. et rem., I, 10; De nupt. et conci'p., n, 45; Contra lulian. op. imp., H, 47, 50, 52, 56; ni, 83.

2. Contra lulian. op. imp., II, 63, 30; De nupt. et concup., II, 45.

3. Contra duas episl. pelay., IV, 7; De peccat. merit. et remiss., I, 11.

4. Cotitra lulian., VI, "5. On sait que l'exégèse ne donne pas raison à saint Augustin sur ce point.

se trouvait un troisième état, un troisième lieu pour ceux qui n'ont ni bénéficié de la grâce de Jésus-Christ, ni mérité d'être châtiés pour leurs péchés personnels. L'évêque d'Hippone repoussa cette conception : « Hoc novum in Ecclesia, prius inauditum est esse vitam aeternum praeter regnum caelorum ^ » Le texte de saint Jean, vi, 54 : « Nisi manducaveritis carnem meam et biberitis sanguinem meum, non habebitis vitam in vobis » le dit assez : on n'a la vie, la vie éternelle que moyennant la communion; or on ne peut communier sans avoir été baptisé; le baptême est donc nécessaire pour la vie éternelle comme pour le royaume des cieux^. Les enfants non baptisés sont donc damnés^. Or ils ne peuvent l'être que s'ils ont péché. L'enfant venant au monde est donc pécheur, souillé de la faute originelle : il est baptisé in remissionem peccalorum et pénitent dans le baptême comme il devient fidèle par lui'*. — Et même en admettant la distinction des pélagiens, la conclusion resterait juste, car la privation du royaume de Dieu est une peine, et pourquoi l'innocent en serait-il frappé ^ ?

La seconde preuve fournie par saint Augustin de l'existence en nous du péché d'origine était tirée des Pères qui l'avaient précédé. Il ne la donne pas d'un bloc, car, dans le principe, il ne l'avait pas approfondie, mais au fur et à mesure de ses lectures. Il a donc cité, comme appuyant sa doctrine, saint Cyprien, saint Hilaire, saint Ambroise, l'Ambrosiaster, saint Irénée, Reticius d'Autun, Olympius évêque d'un siège inconnu d'Espagne, saint Jérôme; puis quelques Pères grecs,

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