Contra lulian., IV
la bonne volonté antécédente la condition de la pitié divine ^ Mais dès 396-397, sinon plus tôt, saint Augustin revenait de son erreur par une étude plus attentive de VEpitT^e aux Romains^ ix, 10-29, dans le De dwersis quaestionibus ad Simplicianum^ i, qu. ii. Là, il affirmait que, si la grâce était la récompense des œuvres, elle ne serait plus la grâce, qu'elle précède les bonnes œuvres et ne les suit pas, qu'on ne saurait mériter la grâce par les œuvres, puisqu'on ne peut faire ces œuvres que par la grâce [ibid.^ 2, 10, 12). C'est la doctrine qu'il enseignera jusqu'à la fin : « Sic enim volunt (pelagiani) intellegi quod dictum est Si çolueritis et audieritis me tanquam in ipsa praecedente voluntate sit consequentis meritum gratiae, ac sic gratia iam non sit gratia quae non est gratuita, cum redditur débita^. »
Quant aux secondes grâces^ à la grâce de bien faire après avoir cru, notre auteur pense qu'on la peut mériter au moins d'une certaine façon : « Si quis autem dixerit quod gratiam bene operandi fîdes meretur, negare non possumus, imo vero gratissime confitemur » ; il remarque cependant que, même alors, on l'obtient plutôt par la prière 3. Mais pour la grâce de la perses>érance finale, il en fait expressément un don gratuit qu'il compare aux grâces premières de la foi : « asserimus ergo donum Dei esse perseverantiam qua usque in finem perseveratur in Christo^. » On peut seulement la demander et l'obtenir par la prière : « Hoc ergo donum suppliciter emereri potest... A quo enim
\. Voir aussi De libero arbitrio, ni, 53, et Expositio quarumd. proposa, ex epist. ad Romanos, 61.
2. Contra duas epist. pelag., IV, i2, 43, 44; Degratia Chr. et depecc. orig., I, 34; De praedest. sanct., 7, 42.
3. Epist. CLXXXVI, 7; De gestis Pelagii, 34; Contra duas epist. pelag. IV, 40.