‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 406 sur 426 · De don,o perseverantiae · texte numérisé non relu

De don,o perseverantiae

ni'si ab illo accipimus a quo iussum est ut petamus... Orat (Ecclesia) ut credentes persévèrent : Deus ergo donat perseverantiam usque in finem ^ . »

Comment agit en nous cette grâce que Dieu nous confère gratuitement? C'est, on ne l'ignore pas, un des points de la doctrine de saint Augustin qui ont suscité le plus de discussions. A en croire les jansénistes et les protestants, notre auteur aurait considéré la grâce comme une force irrésistible, créant en nous la volonté de faire le bien, et à l'action de laquelle nous ne saurions nous soustraire. Il n'aurait pas admis de grâce simplement suffisante^ nous laissant libre de la suivre : toute grâce serait ou efficace ou insuffisante. L'homme, sollicité en sens inverse par deux délectations, celle de la concupiscence et celle de la grâce, irait nécessairement du côté de la plus forte, de la victorieuse. Il ne serait pour rien dans ses déterminations et son choix.

Qu'y a-t-il de vrai dans cette façon de présenter la doctrine de saint Augustin? Est-il vrai qu'il ait fait de la volonté, sous l'action de la grâce, une faculté toute passive; qu'il l'ait considérée comme incapable de résister à la grâce et de la repousser ou d'y coopérer librement?

En bien des passages sans doute, l'évéque d'Hippone répète que Dieu opère en nous le vouloir et le faire, que sa grâce nous donne à la fois de connaître la loi et de l'observer : « Simul donans Deus et quid agant scire et quod sciunt agere^ ». On aurait tort toutefois d'en conclure qu'il supprime toute activité de l'âme sous l'influence de la grâce, et tout concours de l'homme. La première pensée du bien et la première inclination au bien est à la vérité un mouvement irréfléchi quoique

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