‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 411 sur 426 · De pecrat. merit. et remiss., II · texte numérisé non relu

De pecrat. merit. et remiss., II

6. Depeoal. merit. et remiss., I, 10, il; II, 10; Contra Faustum manich., III, 3; Contra Adimant. manicli., V, 2; /« loan. tract. XIX, 11.

que vestrum iam in ipsa iustificatione consti tutus... proficiens de die in diem... proficiat et crescat donec consummetur * . »

§ 6. — La prédestination'.

La doctrine de la prédestination est le couronnement de celle de la grâce. La prédestination est l'acte par lequel Dieu décrète qu'il donnera à un certain nombre d'hommes des grâces en cette vie, ou la gloire en l'autre. On en distingue généralement deux sortes, la prédestination à la gloire, qui emporte nécessairement la prédestination à la grâce, et la prédestination à la grâce seule ou à la foi, laquelle ne suppose pas nécessairement la prédestination à la gloire.

Saint Augustin avait paru enseigner en une occasion que la prédestination à la grâce et à la foi dépendait de la fidélité à la vocation divine prévue par Dieu, ou, pour être plus précis, que si Notre Seigneur avait prêché dans tels lieux et à tel moment, c'est parce qu'il avait prévu que là se trouveraient à cet instant des âmes qui recevraient sa parole^. Ses adversaires semipélagiens lui rappelèrent plus tard ce passage qui favorisait leur propre opinion. L'évêque d'Hippone se justifia en observant que, dans le passage objecté, écrit pour des païens, il n'avait pas voulu traiter ex professa la question, qu'il y avait réservé, comme causes explicatives de la vocation divine, le secret conseil de Dieu

i. Sermo CLVni, o.

2. En commençant ce paragraphe, je ne saurais trop exhorter les personnes à qui ces difficiles matières ne sont pas familières à les étudier dans un bon auteur de théologie. l\ m'est impossible de donner ici toutes les explications qui seraient utiles ou même nécessaires.

3. Epist. eu, 14, 15; De praedest. sanctor., 17; on lui reprochait également des passages des propositions 60 et 6-2 de VExpositio quarumdam propositionum ex epist. ad Romanos. V. Epist. CCXXVI, 3.

et d'autres causes différentes de la foi prévue des auditeurs, et enfin que ces mérites prévus, dont il avait parlé, supposaient eux-mêmes une grâce préalable gratuitement concédée * . On ne pouvait donc en conclure que la vocation à la foi n'était pas gratuite. Elle l'est au contraire absolument, comme le prouvent les paroles de Notre Seigneur sur Tyr et Sidon (Matth., XI, 21) : « Non enim quia credidimus, sed ut credamus elegit nos : ne priores eum elegisse dicamur... Nec quia credidimus sed ut credamus vocamur^. » Et sur la vocation à la grâce : « Elegit ergo nos Deus in adoptionem fdiorum, non quia per nos sancti et immaculati futuri eramus, sed elegit praedestinavitque ut essemus. Fecit autem hoc secundum placitum voluntatis suae ut nemo de sua, sed de illius erga se voluntate glorietur^. »

Ce n'est pas du reste de la prédestination à la foi et à la grâce que saint Augustin s'est surtout occupé : c'est de la prédestination à la gloire ; et il n'a guère parlé de la première qu'en tant qu'elle est incluse dans la seconde. Il a consacré à ce sujet surtout les trois traités De correptione et gratta; De praedestinatione sanctorum ei De dono perseverantiae^ écrits tous trois à la fin de sa vie.

La prédestination n'était et ne pouvait être pour les pélagiens qu'un acte de volonté conséquent à un acte de prescience et nécessité par lui. Dieu prévoyant ce que serait chaque homme dans l'ordre moral par son libre arbitre, en fixait par avance le sort dernier^. Dans le système semi-pélagien, dont il sera question

1. De praedestin. sanct., 48, 19; Retract., II, 31 ; De dono persever., 23.

2. De praedest. sanctor., 38; De dono persever., 23, 25; Contra Iulian., V, 13; Epist. CLXXXVI, 4-6.

plus tard, mais dont l'évêque d'Hippone connut les premières manifestations, le commencement seul de la foi dépendait de l'homme, les œuvres et la persévérance étaient proprement l'objet d'un décret divin prédestinant les justes à la sainteté, et par suite à la gloire*. Saint Augustin ne comprend point ainsi la prédestination.

Avant tout, Dieu choisit ses élus et les prédestine au ciel : « Elegit Deus in Christo ante constitutionem mundi membra eius : et quomodo eligeret eos qui nondum erant nisi praedestinando ? Elegit ergo praedestinans eos 2. »

Ce choix, cette prédestination de Dieu atteint toujours son but : l'assurance du salut est liée à la prédestination. Le prédestiné peut ne pas appartenir momentanément à l'Eglise ou à son corps visible; il peut s'égarer pour un temps en dehors de la voie : Dieu saura l'y ramener quand il le faudra : « Ex his nuUus périt, quia omnes electi sunt... Horum si quisquam périt fallitur Deus; sed nemo eorum périt quia non fallitur Deus^. »

L'acte de prédestination en effet emporte avec soi la collation de tous les moyens qui doivent conduire à la gloire. L'évêque d'Hippone les a énamérés d'après saint Paul : « Quos enim praedestinavit ipsos et vocavit, illa scilicet vocatione secundum propositum : non ergo alios, sed quos praedestinavit ipsos et vocavit; nec alios, sed quos ita vocavit ipsos et iustificavit : nec alios, sed quos praedestinavit, vocavit, iustificavit ipsos et glorificavit {Rom. viii, 30)... Eiigendo ergo fecit divites in fide sicut haeredes regni'*. » Ainsi les

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