Hilaire, Fragm. XI
citait rintransigeance des lucifériens ' , travaillèrent avec succès à la réconciliation des évêques faillis, à qui ils demandèrent, pour toute condition de réhabilitation, la reconnaissance du symbole de Nicée et la condamnation de l'arianisme. Bientôt l'évêque de Milan, Auxence, se trouva isolé dans son hérésie. A Rome, en particulier, quatre conciles successivement tenus sous Damase, le successeur de Libère, en 369, 376, 377, 380, renouvelèrent les décisions de Nicée, définirent la divinité et la consubstantialité du Saint-Esprit, et condamnèrent — avec Apollinaire — les sabelliens, les ariens et les macédoniens 2. En Pannonie, Ursace et Valens persistèrent dans l'erreur, mais Germinius de Sirmium souscrivit, en 366, à I'ojjloioç xa-ra Travxa^.
En Orient, Foeuvre de relèvement et de réconciliation était plus ardue et plus délicate. Elle s'accomplit cependant à travers mille contrariétés. Athanase, dès 359, avait tendu, dans son traité De synodis, la main aux dissidents, en les assurant qu'il ne voulait pas disputer sur les mots, mais sur les idées qui le séparaient d'eux. Rentré à Alexandrie, le 22 février 362, il y tenait, cette même année, un concile important, dont il rédigea la lettre synodale, le Tomus ad Antiochenos. Le concile décida qu'on n'exigerait des arianisants, pour être réconciliés, que la reconnaissance du concile de Nicée et le rejet de l'arianisme; condamna ceux qui prétendaient « que le Saint-Esprit est une créature et séparé de la substance du Christ^ » ; et refusa de se pro-
1. On appelait ainsi le parti scliismatique de Lucifer de Cagliari, qui se relusaii à toute communication avec les évêquf'S compromis dans l'arianisme et a toute indulgence et pardon à leur égard.
2. Damasi epist I, II, fragm. 1-3 (P. L., XIII, 347 suiv.); Sozomène, Hist. eccL, VI, 23; Théodoret, Hist. ceci., II, 17. Peut-être faut-il rapporter au concile de 380 la Confessio fidei catholicae de Damase, P. L., XIII, 358; Hahn, § 271. Cf. Théodoret, Hist. eccL, V, 11.