Homilia XXIV
2. Dans le Quod non sint très dii (col. 117 suiv.), il prétend que, de même que nous disons un Dieu et non pas trois dieux, parce que l'oOdia des trois personnes est une, nous devrions dire logiquement que Pierre, Paul et Barnabe sont un homme et non pas trois hommes, puisque leur oûdia est commune. L'évêque de Nysse ne remarque pas que l'oùffia divine ne peut être que concrète, tandis que l'oûaia humaine peut être abstraite ou concrète. Or celle-ci est commune
; entre les hommes en tant qu'abstraite, et le mot homme^ terme concret, la désigne au contraire comme concrète.
ce qui se passe en trois hommes qui produisent le même effets II observe que la caractéristique du christianisme est de se tenir à égale distance du judaïsme et du polythéisme, rejetant de celui-là l'unicité de la personne divine, et de celui-ci la pluralité des dieux, pour maintenir l'indivision et l'unité numérique de la divinité 2. Et enfin, il insiste sur ce que l'ouct'a divine n'est pas partagée ni distribuée entre les7cpo<xw7ra, de façon à ce qu'il y ait trois oùatat comme il y a trois -Kpédoi-KOi^. Manifestement, saint Grégoire de Nysse ne pense pas à l'ouata abstraite, mais à la substance concrète et vivante des trois personnes.
Quant à saint Grégoire de Nazianze, nul doute qu'il n'ait pris l'ôfxoouffioç au sens strict d'une identité absolue de substance. Dans son discours xxxi, 15, 16, il réfute l'objection qui veut conclure de la trinité des personnes au trithéisme, car, disait-on, l'unité divine païenne n'excluait pas le polythéisme ; l'unité du genre humain n'empêche pas qu'il n'existe une multitude d'hommes divers. Mais ce sont là, répond-il, des unités de convention : l'unité divine des païens n'était qu'une unité hiérarchique ; celle du genre humain n'a de réalité que dans notre esprit (lirivoia) : il en va autrement de l'unité des personnes en Dieu : « Chacune des personnes est aussi une avec celle qui la joint qu'elle est une avec elle-même, à cause de l'identité de substance et de pouvoir (tw TaÙTw xrî; ouafaç xal ty)? 8uvàjxewç). » Le Fils est, vis-à-vis du Père, xaùrov xax' oùtr^av^. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont distincts par le nombre, mais non par la divinité (âpiôjjcw Siaiperaîç, xai ou SiaipsTaîç ôeo'tyjTi)^. Il y a diversité quant au nombre,
i. Quod non sint très dit, col. 123-129.
2. Oratio catechetica, 1, 3; Quod non sint très dit, coL 132, 133.