Et cf. Haer. LXXIV
aussi des esprits adoptifs et de vocation; « mais seul, l'Esprit- Saint est appelé, [comme venant] du Père et du Fils [ol-ko Trarpoç xat uioîî), Esprit de vérité, et Esprit de Dieu, et Esprit du Christ, et Esprit de grâce » (72). Même langage dans l'ouvrage sur les hérésies. Là aussi on lit : Ix Trarpoç Se IxiropEuoaevov xal Tou utou Xau-êàvov, oùx aXXorpiov warpoç xai uîoU, àXXà Ix Triç aÙTÎi<; ouaiaf, ex triç auT% ÔcOtitito';, Ix TraTpoç xai utou IvuTCOiTTaTov asi TTvgufjLa a^iov... TTveuijLa XpKTTOu, TTveufAa TTarpoç
(lxii, 4). Et encore, Dieu est toute vie, le Fils est ^ojy) Ix ÇwYÎç; mais Dieu est esprit aussi, et le Saint-Esprit est irveutjLa uap' atxcpoxépwv, Tcvsujjta Ix TTveufxatoç (lxxiv, 7). Dans ces textes, qu'on veuille bien le remarquer, la particule Sia disparaît, et le Saint-Esprit est dit venir du Père et du Fils. L'auteur maintient seulement la distinction du rôle des deux spirateurs par rapport à la production du Saint-Esprit par l'emploi des deux
expressions IxTropeusTai et Xa[xCàvei.
On ne se trompera donc pas en affirmant que, dans le dernier quart du iv® siècle, la théologie grecque est franchement orientée vers la doctrine du Filioque, et que quelques-uns de ses représentants l'admettent expressément. Nous voyons en même temps cette doctrine se produire dans saint Grégoire de Nysse sous une forme qui met plus en relief la fécondité principale du Père, et, dans saint Epiphane, sous une autre forme qui se rapproche davantage de la conception latine. Ces deux formes ne s'excluent pas; mais on constatera plus loin que l'Eglise grecque s'est ralliée de préférence à la forme cappadocienne : celle-ci se trouvait plus en harmonie avec sa conception générale de la Trinité.