P. G., XLV, col
façon, car l'une l'est immédiatement (7rpo<r£x.wç) par le Père, tandis que l'autre est causée par l'intermédiaire de celle qui l'est immédiatement (Sià tou irpotrex^wç U tou TTpioTou) ; et « ainsi il n'est pas douteux que le Fils reste Fils unique, et il n'est pas douteux non plus que l'Esprit vienne du Père, le Fils intermédiaire gardant sa qualité de Fils unique, et n'empêchant pas l'Esprit d'avoir avec le Père sa relation naturelle ». C'est exactement l'idée que l'auteur a reproduite dans son traité De Spiritu Saneto, 3. Il y compare le Père, le Fils et le Saint-Esprit à trois flambeaux, dont le premier communique sa lumière au second, et par lui allume le troisième ^ Dans ces passages, saint Grégoire suppose manifestement que le Fils est, dans la production du Saint-Esprit, comme un instrument du Père, un instrument qui agit sans doute en la vertu que le Père lui a communiquée, mais qui agit cependant réellement; et c'est pourquoi il observe avec insistance que cette causalité communiquée ne nuit pas à la causalité du Père, et ne l'empêche pas d'être le principe premier du Saint-Esprit.
Cette doctrine de saint Grégoire de Nysse restera en définitive celle de l'Église grecque, bien que certains auteurs lui doivent donner plus de corps et de relief. Dans son traité De Trinitate, Didyme l'aveugle reste sur l'aflirmation que le Saint-Esprit « procède du Père et reste dans le Fils divinement» (i, 31, col. 425). Il ajoute cependant que le Saint-Esprit est l'image du Fils, comme celui-ci l'est du Père (ii, 5, col. 504); qu'il est l'Esprit du Fils, du Verbe, du Sauveur (i, 18, col. 348; II, 6, col. 556; m, 1, col. 780). Mais dans le traité De Spiritu Saneto — dont nous n'avons, il faut
1. AtTÎav ôè ToO xpÎTou çwto; 07ro6câ(i.sTa eîvat tt^v TrpwxiQv çXoya, ^v- 6taS6oewç 5ià tou jjiéffou t6 étxpov èÇiiçaffav. P. G., XLV, 1308.
le remarquer, qu'une traduction latine faite par saint Jérôme, — Fauteur énonce manifestement la doctrine de la procession ex Filio :
« Non loquetur (Spiritus Sanctus) a semetipso : hoc est non sine me, et sine meo et Patris arbitrio, quia inseparabilis a mea et Patris est voluntate, quia non ex se est sed ex Pâtre et me est, hoc enim ipsum quod subsistit et loquitur a Pâtre et meilli est » (34). « Spiritus quoque Sanctus qui est Spiritus veritatis, Spiritusque sapientiae, non potest, Filio loquente, audire quae nescit, cum hoc ipsum sit quod profertur a Filio, id est procedens a veritate, consolator manans de consolatore, Deus de Deo, Spiritus veritatis procedens » (36). « Neque enim quid aliud est Filius exceptis his quae ei dantur a Paire, neque alia substantia est Spiritus Sancti praeter id quod datur ei a Filio » (37; cf. 38).
Est-ce aux Latins que saint Epiphane a emprunté sa doctrine sur la procession du Saint-Esprit? Il est possible, car il s'est trouvé fréquemment en relation avec eux. Toujours est-il qu'il enseigne sans aucun doute que le Saint-Esprit est produit par le Père et le Fils; et, bien qu'il ait évité, en parlant des relations du Fils et du Saint-Esprit, le mot I^TropeiieTai — que rÉcriture n'emploie pas — il tient clairement pour la doctrine que ce mot exprime. Les textes abondent. Dans VAncoratus, « le Saint-Esprit n'est pas fils, mais de la substance même du Père et du Fils » (U xri; autre ouffi'aç Traxpoç xai uîou, 7). Il est représenté Iv (léaw TcaTpcx; xai utoîi, ex xou irarpoç xai tou u'.ou (8). Il est Dieu Ix TraTpoç xai uîoîi (9). « Le Christ est cru être du Père, Dieu de Dieu : le Saint-Esprit est du Christ, ou des deux, comme dit le Christ : // procède du Père et il recevra de moi » (67, 70, 73). Le Père est le foyer (cptoç ^Xo;), le Fils cpwç Ix (pwTo'ç ; le Saint-Esprit cpwç xpi-rov Tcapà Tratpbç xai uÎQu (71) ^ Comme il y a des fils d'adoption, il y a