‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 78 sur 426 · Haer. LXXVII · texte numérisé non relu

Haer. LXXVII

4. Basil., Epist. CCLXIII, 4; CCLXV, 2; Greg. Naz., Epist, Cil, 4.

L'APOLLINARISME. 103

que peu de lecteurs de ses écrits résistèrent à son influence, et saint Épiphane assure que ses sectateurs troublèrent grandement l'Orient de leurs opinions erronées^.

Tous ces disciples ne comprirent pas cependant de la même façon l'enseignement du maître.

Le premier document en date que nous ayons sur Tapollinarisme, le Tomus ad Antiochenos (362), mentionne simplement, au n° 7, la doctrine d'Apollinaire sur l'absence d'âme en Jésus-Christ; mais, dans l'approbation qu'il a donnée à ce document, Paulin d'Antioche, au n** 11, parle de gens impies qui soutiennent que le Verbe a subi, dans l'incarnation, un changement, une (xeTa6oX>i. Plus explicite est la lettre d'Athanase à Épictète, écrite vers l'an 371. Des commentaires (Ô7ro(ji.vîi(xaTa), c'est-à-dire des écrits évidemment apollinaristes, au moins pour la plupart, ont été répandus parmi les fidèles de Corinthe et y ont suscité des troubles. L'évêque Épictète en envoie la collection à saint Athanase, afin qu'il lui en dise son avis. Celui-ci les rejette avec horreur, et, dans sa réponse, en résume ainsi qu'il suit les erreurs au n° 2 :

Quel enfer a osé dire que le corps né de Marie fût consubstantiel (ôaooOffioç) à la divinité du Verbe, ou que le Verbe se fût transformé en chair, en os, en cheveux, en tout le corps, et qu'il fût déchu de sa propre nature? Qui a jamais entendu dire dans l'Église, ou parmi les chrétiens, que le Seigneur ait eu un corps en apparence et non en nature (6é<7ei xal où çùeyet)? Qui a été assez impie pour dire et pour penser que la divinité elle-même, consubstantielle au Père, a été circoncise et, de parfaite, est devenue imparfaite, et que ce qui a été attaché à la croix était non le corps, mais la substance même de la Sagesse créatrice ? Qui, entendant affirmer que le Verbe n'a pas pris son corps passible de Marie, mais se l'est formé de sa propre substance, regarde-

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