Lietzm., pp
4. V. ce qui reste des écrits de Valentin dans Lietzm., p. 287-291 ; et quelques paroles d'Homonius dans Adversus fraudes apoUinaristarum, P, G., LXXXVI bis, 1960.
tard, en 428-429, saint Augustin, dans son traité De dono perseverantiae, 67, distinguait trois sortes d'apollinaristes : ceux qui n'admettaient en Jésus- Christ l'existence d'aucune âme; ceux qui niaient seulement en lui l'existence d'une âme intelligente; et enfin ceux qui prétendaient que sa chair n'avait pas été prise de la Vierge, mais venait d'une conversion du Verbe en la chair. Ce passage, toutefois, ne signifie pas que, au temps de saint Augustin, il existât de fait trois fractions du parti apollinariste. L'auteur reproduit seulement ici un renseignement dérivé de saint Epiphane sur les erreurs des dissidents en général. Il n'exista jamais, en réalité, que deux partis ou plutôt deux tendances parmi les disciples de l'hérésiarque, celle des synousiastes et celle des modérés.
§ 3. — Condamnation de rapollinarisme.
L'histoire de Tapollinarisme est intimement liée avec celle de la dernière période de la controverse arienne, et les mêmes assemblées conciliaires ont souvent condamné les deux hérésies. M. Lietzmann fixe à l'an 352 le commencement du mouvement apollinariste^; mais on n'en saisit la première manifestation qu'en 362, au concile d'Alexandrie. Là, au milieu des discussions sur l'arianisme, un débat s'élève entre quelques membres du concile qui s'accusent mutuellement, les uns de séparer en Jésus l'homme du Verbe, les autres de n'admettre en lui qu'un corps sans âme et sans intelligence. On finit cependant par s'entendre, et, sous la pression du concile, les deux partis, repoussant d'ailleurs ce qui sera plus tard le nestorianisme, professèrent que « le Seigneur n'avait pas eu
i. Op. cit., XIV.
L'APOLLINARISME. 109
un corps sans âme, sans sentiment et sans intelligence (à<]/u^ov, ouS' avaiaÔYiTov ouS' àvor)Tov) : car il n'était pas possible que le Seigneur s'étant fait homme pour nous, son corps fût sans esprit (avo'yixov), et ce n'est pas seulement le salut du corps, mais aussi celui de l'âme (^l'wx^) que le Verbe a opéré en lui ^ ».
Ces deux partis qui s'accusent ainsi mutuellement sont évidemment des représentants de l'école d'Antioche et des disciples d'Apollinaire. Mais d'Apollinaire lui-même il n'est pas question. Même silence dans la lettre d'Athanase à Epictète, vers 371, et dans les deux livres Contra Apollinanum de 373-377. Malgré les écrits d'Apollinaire, comme sa Lettre à Jovien (vers 363) ou sa Lettre à Sérapion (vers 371), qui ont dû révéler ses sentiments, on ignore ou l'on veut ignorer qu'il professe, à l'endroit de l'incarnation, des doctrines erronées. Le grand crédit dont il jouit, sa grande réputation de vertu et de science détournent de lui les accusations. Cependant, en 375, des bruits fâcheux circulent sur son disciple Vitalis, prêtre d'Antioche, qui désire entrer dans la communion de Tévêque Paulin. Vitalis vient à Rome pour se justifier auprès de Damase, et présente à celui-ci une profession de foi qui condamne les tendances extrêmes de l'apollinarisme, mais dissimule encore l'essentiel de l'erreur^. Damase y est trompé d'abord, puis, mieux informé, exige, par l'intermédiaire de Paulin, que Vitalis confesse que le Fils de Dieu a pris « corpus^ animam, sensum, id est integrum Adam, et, ut expressius dicam, totum vêterem nostrum sine peccato hominem^ ». Vitalis s'y refuse, et est sacré par Apollinaire évêque d'Antioche pour ses partisans (376). Timothée, un autre disciple