‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 86 sur 426 · Epist. CCLXI · texte numérisé non relu

Epist. CCLXI

c'est à en établir la réalité que se sont portés les efforts de ses adversaires. Le principe sotériologique mis en avant pour cette démonstration se résume en cette sentence lapidaire de saint Grégoire de Nazianze ; To yàp àTrpodXrjTtxov àôepcicTreoTOV 6 Bï v]vojTai tw Ôsw touto xal (KoCerai^ Cela seul est guéri qui est pris par le Verbe; cela seul est sauvé qui est uni à Dieu. Pourquoi? Non seulement parce que l'œuvre du relèvement et de la purification commence dans l'incarnation même, par le contact que notre corps et notre âme y prennent avec la sainteté et l'immortalité incréées, mais parce que, suivant la remarque du Contra Apollinarium (I, 17), Jésus ne devait pas donner en rançon un autre pour un autre (^Tspov àvô' Irepou), mais bien « corps pour corps, âme pour âme, et complète subsistance pour tout l'homme ». Puis donc que le Verbe était venu sauver l'âme aussi bien que le corps, il était nécessaire qu'il prit une âme intelligente, sans quoi notre salut eût été incomplet.

C'est la preuve fondamentale. Mais on en tire d'autres de l'Écriture (Matlh., xxvi, 41; Luc, xxii, 42; loann.y xi, 33; xii, 27) ^; on en fait valoir encore d'autres prises de la satisfaction et des mérites de Jésus-Christ, car sans âme et sans liberté, comment Jésus-Christ aurait-il pu mériter et satisfaire 3? — ou même déduites de considérations métaphysiques. Origène avait déjà enseigné que le Verbe s'était uni au corps par l'intermédiaire de l'âme, dont la nature se rapproche davantage de la sienne. Les deux Grégoire reprennent cette idée, et en concluent qu'une âme humaine a été nécessaire au Christ pour que l'incarnation pût s'accomplir : « L'esprit s'unit à l'esprit

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