‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 87 sur 426 · Greg. Nyss., Antirrhet · texte numérisé non relu

Greg. Nyss., Antirrhet

comme au plus proche [par nature] et au plus voisin, et par lui à la chair, [l'esprit] étant ainsi intermédiaire entre la divinité et la matière '' . »

Jésus-Christ est donc homme parfait (avôpwTtoç te- ^Eioç) : conséquemment il est sujet, sauf le péché, à toutes nos infirmités, à toutes nos faiblesses, à tous nos besoins. Il a pris to ôixoioTraôeç ^ ; il a gardé, suivant l'expression de Didyme, toutes les suites de Fincarna-

tion : Traaav xr,^ IvavôpwTTj^dewç *xoÀou6iav cpuXàxTOJv^. Saint Athanase, Didyme, saint Cyrille de Jérusalem sont ici d'accord avec saint Chrysostome et les Cappadociens^. Nous ne trouvons pas encore, à cette époque, la tendance à idéaliser l'humanité de Jésus-Christ qui se fera jour plus tard. Mais si Jésus-Christ partage les faiblesses humaines qui sont le fait du corps et de la partie affective de l'âme, partage-t-il aussi nos faiblesses intellectuelles, et, s'il n'est pas sujet à l'erreur proprement dite, n'est-il pas sujet à l'ignorance en

1. Grec. Naz., Epist. CI, col. 488; cf. Or. I, 33, 42; Grec. Nyss., Antirrhet., 41. Sur l'existence, en Jésus-Christ, d'une âme raisonnable, voir encore Eustathe d'Antiocoe (P. G., XVIII, 683, 689, 694) ; Didyme, De trinitate, III, 4, 21, col. 829, 904; Épiphane, Ancoratus, 33-33, 76-80. — Une difliculté a été soulevée à propos de saint Athauise que l'on a accusé d'avoir, avant le concile d'Alexandrie de 362, méconnu en Jésus- Christ la présence d'une âme humaine. Et il est vrai que l'on ne trouve point, dans les œuvres du saint docteur antérieures à cette date, de témoignage explicite sur ce point; mais si l'on remarque que, d'une part, il admet la réalité en Jésus-Christ de toutes les émotions, de tous les sentiments de crainte, de tristesse marqués dans l'évangile, la réalité de sa croissance en grâce et en sagessp, la réalité de son ignorance en tant qu'homme vis-à-vis du jour du jugement, la réalité de sa sanctification par le Saint-Esprit, et que, d'autre part, il repousse absolument le svstème des ariens qui présentaient le Verbe comme le sujet de ces passions, de cette croissance, de cette ignorance, de cette sanclificaiion, il faut bien conclure que saint Athanase reconnaissait en Jésus-Cliiist une âme raisonnable, sujet de ces diverses afifections. V. Contra arianos, III, 38- 'lO; 43; 5t-38, et cf. Ad Epictetum, 7.

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