‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 9 sur 426 · In Matth.i hom. I · texte numérisé non relu

In Matth.i hom. I

Quant à la méthode d'interprétation de l'Écriture, on sait assez que l'école d'Alexandrie inclinait vers celle qui admet largement le sens spirituel ou même purement allégorique, tandis que l'école d'Antioche — nous l'avons dit — tenait avant tout pour le sens littéral et historique. La première est représentée, au iv^ siècle, surtout par saint Grégoire de Nysse^; la seconde par saint Basile, qui repousse nettement le pur allégorisme ou symbolisme^, et principalement par les antiochéniens. Eusèbe rapporte de Dorothée, l'un des premiers maîtres de l'école exégétique d'Antioche, qu'il interprétait l'Écriture {jLSTpiwç, avec mesure^. L'évêque Eustathe a laissé, sur le sujet de la pythonisse, un petit traité d'un caractère antiallégorique prononcé. Socrate a dit de Diodore de Tarse qu'il s'appliquait uniquement à la lettre des Saintes Écritures, négligeant leur sens spirituel : ^ikoi tw Ypà(x- [xaTi TÔiv ÔEiwv Trpoos/ojv Ypacptov, xàç ôewpiaç auxwv Ix-cpsTrofiE-

voç^. Théodore de Mopsueste est assez connu pour son littéralisme rigide, et quant à saint Jean Chrysostome, s'il est moins exclusif que son ami et, en sa qualité d'orateur et de moraliste, admet une certaine mesure d'allégorie et d'applications figurées, il n'en déclare pas moins préférer, et il pratique en effet une exégèse plus sévère et moins capricieuse : 'Eyw U outs Taur/)v axtixa^dj Tr)v ilr\-^-^<7\.'^ (l'exégèse allégorique) xal Trjv Ixspav àXy]6e(iT£pav eîvai (pyjai^.

Cependant, quoi qu'il en soit de ces diverses tendances, tous nos auteurs s'accordent à voir dans l'i^criture la première source où il faut aller puiser la

1. In cantica canticorum, prooemium (P. G., XLIV, 756 sqq.) ;Confm Eunomium, VII (P. G., XLY, 744).

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