Contra arianos, I
le Verbe ne s'est pas changé au corps, mais il a fait sien le corps et ce qui était du corps : îSioiroieïxo xà Toîi awfJLaTo; iSia, wç loturou, ô Xo'yoç ô àaoi[ioLTO<;, Le COrps n'était pas le Verbe mais il était le corps du Verbe ^ Il n'était donc pas sui iuris, et c'est pourquoi on attribue au Verbe les progrès et les développements de ce corps, parce que c'était son corps (Sià t^ Trpoç To (jojfjia lâtoTYiTa) ^. La chair était divinement portée par le Verbe : fi aàp^ Osocp opeuat Iv rto loyui ^. Saint Grégoire de Nazianze, à son tour, remarque que, dans l'union, l'élément humain a été d'une certaine façon divinisé par l'élément divin : tb {asv eôswde, to 8è lôewOy)^. Ce sont là des conceptions justes; mais généralement, je le répète, dès que, sortant du domaine des idées et des faits traditionnels, nous cherchons, dans nos auteurs, des formules précises et une attitude absolument arrêtée sur le sujet qui nous occupe, nous constatons combien leurs spéculations sont encore incomplètes et combien leur langue est inexpérimentée.
On l'a pu voir déjà par quelques-uns des textes cités. Les expressions qui servent à marquer l'union du Verbe et de l'humanité sont quelquefois indifférentes, mais elles offrent souvent une couleur tantôt nestorienne, tantôt monophysite. Ainsi Athanase dira de l'humanité qu'elle est oixo;, vaoç, opyavov, ev5u[i.a, (ttoXt], 7r£pi6oXifi^ de la divinité; saint Cyrille de Jérusalem qu'elle en est le vêtement et le voile Xlvxiov, xaxaTreTaafjia^. On peut relever — et on l'a fait — dans saint Grégoire de Nazianze, deux séries parallèles d'expressions
i. Ad Epictetum, 6.