Catech. XII
qui indiqueraient des tendances absolument opposées. S'il dit, en parlant de Jésus-Christ, quelquefois û<;\ qui est correct, il dira aussi fréquemment ev, qui ne l'est plus. Jésus-Christ est êv èl «{xcpoïv, h U twv Suo^. L'union est (xi^i;, xpaatç, aoy^tpadiç^, termes qui seront plus tard jugés sévèrement, comme impliquant l'eutychianisme. Mais, d'autre part, on a noté, dans ses discours théologiques, bien des tournures qui, prises à la rigueur, supposeraient entre les deux éléments du Christ une union simplement morale^. Le cas est absolument le même pour saint Grégoire de Nysse. Lui aussi paraît, en certains passages, distinguer deux personnes en Jésus-Christ : l'homme, dans le Sauveur, est un tabernacle où le Verbe habite ; la divinité est dans celui qui souffre ^, Cependant la tendance monophysite est plus marquée et parfois inquiétante. Il faut se rappeler que saint Grégoire de Nysse est un disciple fervent d'Origène, et que celui-ci paraît avoir admis une certaine transformation de l'humanité en la divinité après la glorification du Sauveur. Le terme dont saint Grégoire se sert le plus souvent, pour marquer l'union des deux éléments en Jésus-Christ, est celui d'àvaxpaai;, qui s'emploie pour désigner le mélange des liquides et la diminution de leurs propriétés l'un par l'autre [temperatio)^. Ainsi, il écrira : « Nous disons que le corps par lequel il (le Christ) a enduré la souffrance, mêlé à la nature divine (ty) 6e la (pu<7£ixaTaxpa9£v), est devenu, par ce mélange, ce qu'était