Or. de incarn., 5, G
LA THÉOLOGIE GRECQUE DU IV SIECLE. 13a
l'elîet du premier est de nous donner notre nature, tandis que celui du second est de nous constituer dans la grâce; que cette grâce de filiation résulte en nous seulement de ce fait que nous sommes la demeure du Verbe, vrai Fils de Dieu et son image, et de son Saint-Esprit'. Saint Athanase cependant n'a pas effacé ce qu'il avait écrit d'abord : il s'est corrigé sans se rétracter.
L'idée des Cappadociens ne diffère pas sensiblement, Bur le sujet qui nous occupe, de celle de saint Athanase. Ils représentent l'état primitif de l'homme comme un état de béatitude caractérisé, d'un côté, par l'absence des souffrances et de la mort, de l'autre, par l'amour de Dieu et un commerce intime avec lui^ : ce sont les données scripturaires. Cet état était naturel (xarà ^jffiv), mais il est difficile de déterminer la portée exacte de cette expression sous leur plume, et de dire s'ils entendaient par là un état strictement dû à l'homme, ou un état seulement convenable à sa nature, ou nécessaire hypothétiquement, et étant donnée sa destinée plus haute. Mentionnons cependant une spéculation bien platonicienne de saint Grégoire de Nysse. Il voit, dans l'image de Dieu imprimée en l'homme, le cumul de toute sagesse et de toute vertu et, pardessus tout, la liberté. Cette image n'a pas été imprimée d'abord dans un individu particulier, mais dans la nature humaine générique, dans l'homme type TéeWemeni existant [réa/isme). Cet homme type n'avait point de sexe déterminé, et, dans le plan primitif de Dieu, les individus formés sur lui devaient se propager et se multiplier, comme les anges, par des voies in-