‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 110 sur 409 · Cf. Or. II · texte numérisé non relu

Cf. Or. II

IIIJIOinE DfS DOCMFS, — II, 9

donne à ceux qui sont dignes, et qui le sont devenus non seulement par le don du Père, mais par euxmêmes (15). 3° L'auteur paraît même aller plus loin et attribuer parfois à la seule volonté libre le commencement de l'œuvre salutaire (21; cf. Or. xl, 27). Cependant, 4° la grâce de Dieu est toujours nécessaire pour faire le bien. 5° Bien plus, la bonne volonté ellemême (to poûX«(TÔ«i xaXwî) vient de Dieu, et c'est pourquoi l'apôtre attribue à celui-ci le tout de la bonne œuvre : « Non vohntis nec currentis sed etiam miserentis Dei » (Î3).

L'enseignement de saint Chrysostome n'est pas, comme celui de saint Grégoire de Nazianze, concentré en un seul endroit de ses œuvres, mais il est plus étendu et plus riche. Il se ressent d'ailleurs naturellement des préoccupations de l'auteur, avant tout prédicateur et moraliste, dont le rôle est de pousser ses auditeurs à l'effort personnel. Voici en quoi il se résume : 1" L'homme est capable, sans la grâce, d'accomplir des actes bons d'une bonté naturelle : c'est la conséquence de la préservation intégrale de la liberté après la chute. 2° Il ne peut, sans la grâce, bien agir (xaTopOôiffai), accomplir des œuvres salutaires. Si Dieu ne nous avait appelés et attirés à lui, nous étions impuissants ^ 3° Cette grâce d'action paraît tellement nécessaire à saint Chrysostome qu'il lui attribue la principale part dans nos bonnes œuvres et dans notre sanctification 2. 4° Mais cette grâce ne paralyse pas notre libre arbitre : elle coopère (ffuji.TTpâTTEi), mais elle ne fait pas tout en nous; elle a dans nos œuvres la part principale, mais nous y sommes aussi pour quel-

1. In Genesim, hom. XXV, 7; Lvni, S; In epist. ad Ephes., hom. I, 2; cf. In epist. ad Rom., hom. XIV, 7.

2. In epist. ad Rom., hom. XIX, 1 ; In epist. ad Hebr., hom. XII, 3.

que chose*. 5° Maintenant, ce secours de Dieu, nécessaire quand nous voulons parfaire l'action, nous est-il aussi nécessaire pour désirer seulement de faire la bonne œuvre, pour nousy porter, pour la commencer? — Bien que notre auteur allirme, avec saint Paul, que Dieu opère en nous le vouloir et le parfaire et nous donne la propension de la volonté^, cependant sa pensée d'ensemble est plutôt que nous commençons de nous-mêmes à désirer le bien, à nous y incliner, à le vouloir, et que Dieu fortifie cette volonté, ce désir, et nous donne de réaliser effectivement le bien'. 6" Mais d'ailleurs la grâce est offerte à tous. Si les uns sont des vases de colère, d'autres des vases de miséricorde, cela vient de leur libre choix : àTro lupoaipÉffeioç oîxe(a;*. 1" La prédestination est consécutive à la prescience. Il y a en Dieu deux volontés : une première, qui est de sauver tous les hommes, même ceux qui pèchent; une seconde — qui résulte des prévisions divines — qui est de punir les pécheurs^. Voilà pour la volonté de punir; mais, en d'autres passages, saint Chrysostome suppose également que les justes n'ont été prédestinés à la gloire, et même aux grâces spéciales dont Dieu les a favorisés, que conséquemment aux bonnes dispositions et au bon vouloir que Dieu a prévus en eux^.

Ces aperçus de saint Grégoire de Nazianze et de saint Chrysostome diffèrent, en somme, assez notablement des conclusions auxquelles s'arrêtera saint Augustin, et les semi-pélagiens pourront s'autoriser en

1. In epist. ad Rom., hom. XIX, i ; XIV, 7. 9. In epist. ad Philipp., hom. VIII, 1, 2.

3- In Genesim, hom. XXV, 7; In epist. ad Hebr., hom. XII, 3 ; cf. In epist. ad Philipp., hom. VIII, 1, 2.

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