In Matth., hom. LXXXir
n'a pas été la proie de la mort... C'est de ce corps ensanglanté, percé par la lance, qu'ont jailli les sources salutaires du sang et de l'eau par toute la terre... Et ce corps, il nous l'a donné à prendre [dans nos mains], à manger : geste d'amour infini ' !
La pensée des Pères grecs du iv* siècle sur la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans TEucharistie n'est donc pas douteuse, prise dans son ensemble. Comment conçoivent-ils que s'opère cette merveille? On a vu plus haut que Théodore de Mopsueste parlait de conversion ((jLeTctêoXr^) : la même idée se retrouve dans saint Jean Chrysostome, Bien qu'il s'exprime en orateur plus qu'en spéculatif et qu'il n'approfondisse pas la question, il laisse clairement paraître sa pensée :
Le Christ est présent; le même Christ qui jadis fit dresser la table [de la cène] a dressé pour vous celle-ci. Car ce n'est pas un homme qui fait que les oblala deviennent corps et sang du Christ (ô Tcoiwv rà 7rpox£i(AEva ysvéaôai etôfia xai al(ia Xpiaroû), mais bien le Christ lui-même crucifié pour nous. Le prêtre est là qui le représente et prononce les solennelles paroles; mais c'est la puissance et la grâce de Dieu [qui opère]. Ceci est mon corps, dit-il. Cette parole transforme ((i,ETappu6|i;Ç£t) les oblala... Celte parole n'a été dite qu'une fois [à la cène], et sur chaque table, dans les églises, depuis ce jour jusqu'aujourd'hui, jusqu'au retour du Sauveur, elle opère le sacrifice parfait 2.
Puis dans son homélie lxxxii sur saint Matthieu, n° 5, reprenant la même idée, le grand orateur répète que les oblata ne sont pas sanctifiés par la puissance humaine du prêtre, mais par Jésus-Christ lui-même qui les sanctifie et les transforme : 6 oà aYiaCwv aura xae (xstaaxêuaÇojv, aùxoç [ô Xpiaxoç].
Du reste, avant saint Chrysostome, la théorie de la