‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 137 sur 409 · In prodilionem ludae, I · texte numérisé non relu

In prodilionem ludae, I

LA TIlÉOLOGIli GRKCQUE DU IV' SIECLE. 181

conversion du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ avait été ébauchée par saint Cyrille de Jérusalem d'abord, puis par saint Grégoire de Nysse.

Le premier, pour expliquer le mystère eucharistique, fait appel à l'évangile : « Le Christ, jadis, a converti l'eau en vin qui ressemble au sang, à Cana en Galilée : et nous ne le croirons pas quand il change ([AETaoaXcôv) le vin en sang'? » C'est un miracle évidem» ment, mais plus croyable que celui de Cana, puisqu'il s'y agit du bien des âmes : « Nous prions le Dieu bon d'envoyer le Saint-Esprit sur les oblats afin qu'il fasse le pain corps du Christ et le vin sang du Christ; car il est vrai que ce qu'a touché l'Esprit-Saint est sanctifié et converti (ugxaêsêXriTaij^. » Converti plus ou moins profondément, on l'a vu par le reste' de la doctrine de Cyrille ' : mais ici la Conversion va jusqu'à faire disparaître l'élément premier. L'auteur n'analyse pas sa pensée, mais la portée générale n'en est pas douteuse. Seulement, comme le changement dont il parle est tout intime et nullement apparent; comme le corps de Jésus-Christ, bien que réel, n'est pas vu sensiblement, l'un et l'autre ne sont perçus que par la foi et restent dans le domaine des choses spirituelles qui s'adressent principalement à l'àme chrétienne ■*. Le corps est un pain spirituel, le sang un vin spirituel* : ils ne sont pas une nourriture commune, entraînée dans le courant de la digestion : ils sont une nourriture supersubstantielle (sTCiouaioç), destinée à sustenter à la fois l'àme et le corps ^.

C'est là une expression très simple, mais plutôt

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