‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 144 sur 409 · Hist. eccL, V · texte numérisé non relu

Hist. eccL, V

3. Sozomè/ie, qui reproduit Socrate en le commentant, ajoute que presque partout — c'est-à-dire dans l'Orient grec — les évêques suivirent l'exemple de Nectaire. La preuve cependant que ce témoignage doit s'entendre d'une partie restreinte de l'Orient grec est qu'Asterius d'Amasée (fin du iv« siècle) recommande nu coniraire aux fidèles de prendre un prêtre comme conOdent de leurs faules et témoin de leur contrition [Homil. XHI, Adhorlaiio ad paenitentiam, P. G., XL, 3G'J;. Sur toute cette question, v. P. Batiffol, Éludes d'histoire et de théologie positive, I, p. 140 et suiv.

prêchée à Constanlinople en 402, combinée avec les faits qui lui furent reprochés plus tard, peut jeter quelque jour sur ses sentiments à cette époque. Dans celte homélie (4), l'orateur, après avoir observé que la pénitence (asTavot'a) elTace tous les péchés, expose comment il la faut faire. Elle comporte d'abord la condamnation (xocraYvwaiç) et la confession (slaYopsuffiç) des péchés; puis l'humiliation et la contrition du cœur (ffuvTpiê-)) xapSia;) ; puis les prières, les larmes, les aumônes qui donnent à la pénitence son efficacité et sa valeur, en un mot les bonnes œuvres satisfactoires. Il n'est point question d'absolution; mais, revenant au n° 5 sur l'examen et l'aveu des péchés, saint Chrysostome insiste sur la nécessité, pour le péclieur qui veut se corriger, de s'accuser en détail (/.ar' eTio;), de ne point se contenter de dire en général qu'il a péché, mais bien de dire Sxi to'oô xa'i to'oe y]aapTov.

Dans tout ce passage néanmoins, il n'est pas expressément question de prêtre ou d'évêque recevant l'aveu; et môme on ne voit pas clairement, au n" 5, s'il s'agit d'un aveu proprement dit ou seulement d'un examen détaillé par lequel le pécheur se rend compte à luimême de sa conduite. Mais d'autre part, nous savons qu'une des accusations portées contre saint Chrysoslome au concile du Chêne fut qu'il autorisait, qu'il exhortait même les pénitonts relaps à venir à lui pour être guéris aussi souvent qu'ils retomberaient dans leurs fautes^ ; et Socrate^ lui reproche en effet d'avoir, contre la décision des évoques qui n'autorisaient qu'une fois la pénitence pour les fautes commises après le baptême, permis cette pénitence aussi souvent qu'on le désirerait. En rapprochant les faits et les textes, on

1. MANsr, Collect. concilior., IH, 1143. a. Hist. eccL, VI, 21.

peut conclure, pensons-nous, que, sans revenir violemment sur la mesure de Nectaire, saint Chrysostome conserva sa doctrine d'Antioche et insista pour que le cuf^sus de la pénitence fût repris tel qu'il se pratiquait auparavant. Quant au reproche qui lui fut fait au conciliabule du Chêne, il repose vraisemblablement sur un malentendu. Ce n'est pas la pénitence canonique publique que l'évêque aura autorisé à renouveler : ce sera probablement la pénitence absolument privée, comportant l'accusation, l'expiation et l'absolution secrètes.

Sur l'extrême-onction on ne trouve rien à mentionner chez les Grecs, à cette époque, si ce n'est peut-être la prière in oleum aegrotorum qui se lit dans l'euchologe de Sérapion (xxix).

C'est dans les écrits disciplinaires surtout qu'il faut chercher les renseignements relatifs aux ordres et à l'ordination. A la fin du iv' siècle, les ordres se sont multipliés en Orient, et à l'évêque, au prêtre, au diacre s'ajoute maintenant le sous-diacre ' . Les lecteurs existaient déjà; les exorcistes font leur apparition, mais les Constitutions apostoliques (vin, 26) déclarent qu'ils ne forment point un ordre proprement dit. On trouve également nommés chez elles les portiers et les chantres^. Saint Epiphane, de son côté, signale les exorcistes, les interprètes (lp[xif)veu£Ta\ Y^wffav)? eîç yXw<7cav), les fossores et enfin les portiers^. Les diaconesses continuaient de remplir un rôle important*. Tous les

1. Constit. apostol., vni, 21, d. Quelques églises de Syrie en possédaient peut-être déjà vers la fin du m' siècle (V. Didascalie des apôtres, édit. FuNK, II, 34, 3).

2. Constit. apostol., II, 26, 3; 28, 5; 57, 10; III, 11, 1, 3; VI, 17, 2; VU, 45, 2.

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