Hist. eccl, I, iS
2. Vila Constantin!', II, 64-72; cf. Socrate, Hist. eccl., I, 7.
dans les vues de Conslanlin : peut-être même déjà les deux évêques se mirent-ils d'accord pour condamner Arius. Les troubles augmentant, Constantin — sur le conseil d'Hosius, on peut le croire — résolut de convoquer un concile général. Ce fut celui de Nicée.
Avant d'en aborder l'histoire, nous devons dire d'une façon précise : 1° quelle était la doctrine d'Arius ; 2° quel enseignement lui opposait l'évèque Alexandre.
Nous sommes parfaitement renseignés au moins sur les grandes lignes du système d'Arius; car les sources pour le connaître ne manquent pas, et, bien que l'hérésiarque n'ait pas laissé d'exposé didactique de ses idées, ses affirmations — ou ses négations — sont suffisamment nettes, et ses conceptions assez enchaînées pour qu'on en puisse suivre aisément la trame ' . La reconstitution qu'on va lire est basée exclusivement sur ce qui reste de ses ouvrages.
Dieu est unique : il est seul inengendré, éternel, sans principe, vraiment Dieu. Ce Dieu absolu ne saurait communiquer son être, sa substance, soit parce qu'une pareille communication ou génération supposerait qu'il est composé, divisible, muable, et, en somme, corps, ce qu'il n'est pas ; soit parce qu'un Dieu engendré ou produit par communication de substance serait
1. Les sources principales pour connaître la doctrine d'Arius sont : .» Les écrits mêmes d'Arius : a) sa lettre à Eusèbe de Nicomédie conservée par s.iint Épiphane, Haer. LXIX, 6, et par Théodoret, Hisl. eccl., I, 4; 6) sa lettre à Alexandre d'Alexandrie conservée par saint Athaiiase, Pe synodis, IG, et par saint Épiphane, f/ac?-. LXIX, ", 8; c) les fragments ie la Thalie conservés par saint Athanase, Contra arianos. Or. J, v>, 3, d; De synodis, iS; d) la profession de foi d'Arius à Constantin conservée par Socrate, Hisl. eccl., I, 2G, et Sozomène, Hist eccl., II, 27; e) enfin les citations textuelles reproduites par saint Athanase, Epist. encycl. ad episcop. Aigypti, 12, et De scntentia Dionysii, 23. — 2° Les exposés de la doctrine d'Arius faits par ses premiers opposants, notamment par saint Alexandre, Epistula encyclica, 3, reproduite par Socrate, Hist. eccl., l, 6, saint Athanase et les autres. — 3° Enfin les renseignements fournis par les historiens, Socrate, Sozomène, saint Épipliane, Philostorge, etc.
une contradiction dans les termes, Dieu étant par définition (XY£vvr,TO(;. 11 faut donc absolument condamner les expressions qui supposent cette communication ou génération, telles que TcpoêoXTq, f^spoç ôpioouaiov, Xuyvov à-rrô Xu^vou. Tout ce qui est en dehors du Dieu unique est créé, créé ex nihilo parla volonté de Dieu '.
Ce Dieu donc a voulu produire le monde. Pour ce faire, il a préalablement créé, pour être l'instrument de la création, un être supérieur, celui que nous appelons Verbe ^. Le Verbe est intermédiaire entre Dieu et le monde. Bien qu'il ne soit pas Dieu, il n'entre pas cependant dans le système du monde : il est avant les créatures proprement dites, avant le temps et avant les siècles (à/pdvwç, irpo aîiovojv), car ceux-ci ne commencent qu'avec le monde, et ont, comme lui, le Verbe pour auteur immédiat. Mais le Verbe n'est pas éternel (otiStoç r\ auvaiSioç), car il n'a pas toujours été : il y a eu un moment de la durée — non du temps — où il n'était pas; il a passé du non-être à l'être : ^v ttote ots oùx ^v, xa\ oùx ^v Ttpiv '(i\y\iij.\.^ dcÀX' o,^yr{^ xoù XTi'^saOai £(jye xai
Le Verbe est donc vraiment créé [i\ oùx ovtcov yi^o\t) : il n'est pas de la substance de Dieu, mais existe par la volonté de Dieu^. Arius emploie sans doute, pour marquer l'opération qui fait exister le Verbe, l'expression Ysvvv^ffavTa, ÈYsvvrjffHv, YsvvrjQst; : mais, outre que le mot Yevvy)To<; n'avait pas encore le sens exclusif qu'on lui donna plus tard et se confondait souvent avec le mot
i. Episl. ad Alexandrum {De synodis, 16).
2. Thalie (C. aria7Xos, Or. I, 5). Le sophiste arien Asterius justifiait ceUe création préalable i!u Verbe par cette considération que le monde n'aurait pu porter le poids de l'action directe de Dieu : [xy) iSOvaxo xà XoiTià xT{(j|jiaTa Tr,c àxpaTou y.îipôç toO àysvviiToy èpYaaiav PaffTotÇat (Atuanase, De decretis, 8).
3. Thalie (C. arianos, Or. I, S); Epist. ad Alex. {De synodis, iS); cf. Epist. ad Euseb. (Epiphane, Haer. LXIX, 6).