‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 17 sur 409 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

YtvvjToç^ l'hérésiarque ne laisse aucun doute sur la façon dont il l'entend. Dès lors, le Verbe n'est pas fils naturel mais seulement adoptif (xaià x^pt^) de Dieu qui l'a adopté en prévision de ses mérites. 11 n'est pas vraiment Dieu (ôeoç (xXï]6ivo(;), mais seulement dans le sens où l'Écriture appelle ainsi les justes, car il est d'ailleurs étranger et dissemblable en tout à la substance et à la personnalité du Père (àXXoxpto; jj.èv y.al àvoaoïoi; xaxà TTOCVTa tt)? tou Traxpoç oôaïaç xai (ôioTritoç) ^. Bien qu'on le nomme Verbe et Sagesse, ces attributs ne lui conviennent qu'autant qu'il participe à la sagesse et à la raison incréées qui sont en Dieu. En soi, il est une des multiples puissances créées dont Dieu se sert, une cause seconde comme le criquet et la sauterelle, agents des volontés divines^.

Les conséquences de ces prémisses sont claires. Créature, le Verbe est soumis à Dieu : il ne le connaît et ne se connaît lui-même qu'imparfaitement; par nature il est changeant et faillible (tpeTrto't;) '\ Dans sa lettre à Alexandre ^, Arius paraît sans doute affirmer l'immutabilité morale du Verbe; mais on voit, par d'autres passages, qu'il s'agit seulement d'une impeccabilité de fait due à l'effort de sa volonté libre. Dieu a prévu cette droiture de volonté, et en ce sens uniquement on peut dire qu'il a fait le Verbe immuable et impeccable®.

Créature, le Verbe n'est pourtant pas une créature comme les autres : c'est une créature parfaite (xTÎajxa TOU Oeoû Ts'Xeiov) : Dieu peut bien produire une créature

1. Sur celte question voir Harnack, Lehrb. der DG., \\, p. 196, note 3, et Petau, De Trinitate, lib. V, cap. 1 ; et cf. Aiiianase, De synodis, 46.

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