Gesta coUalionis, HI, 258, col
faut-il pas regarder comme nuls les sacrements administrés par des pécheurs même secrets? Les donatistes cependant reculèrent encore devant cette conséquence, et admirent les sacrements conférés par des indignes non connus comme tels : Quamvis habeat [baptizans] conscientiam maculosam, mihi tamen^ quia ah eo baptizor, quia latet et nescio, snfjîcit quod ab eo accipio, cuius innocentent, quia in ecclesia est, eon' scientiam puto. Nani ideo conscientiam dantis attende non ut, quod fieri non potest, de latentibus iudicem, sed ut si quid de illo in publica conscientia est, non ignore m * .
Ce n'était pas assez toutefois pour les donatistes que de formuler des principes : pour avoir le droit de repousser les sacrements des catholiques, il fallait encore prouver que les catholiques étaient en dehors de la vraie Eglise; il fallait remonter à l'origine du débat, établir que Félix d'Aptonge avait été traditeur et que, en communiquant avec lui et ses successeurs, évêques, prêtres, diacres et fidèles du monde entier — en dehors des donatistes — étaient sortis du bercail du Christ. Cette tâche, les donatistes s'y employèrent avec ardeur sinon avec succès, en tout cas ils n'y purent avancer qu'à la condition de modifier le concept de la catholicité de TEglise^. Leurs adversaires en effet leur objectaient sans cesse leur petit nombre relatif, et les limites étroites de leur Eglise renfermée dans la seule Afrique, pendant que celle des cécilianistes remplissait le moaie. Comment dès lors les donatistes pouvaient-ils prétendre à être l'Eglise catholique? Ils répondirent en déclarant que le mot de catholique ne signifie pas l'universalité territoriale,