Tract. I, p. C, 23; II, p. 3S
personnes divines, le mot « et », comme Orose le prétend * .
Troisième reproche. Le concile de Braga (analh. V) accuse Priscillien de regarder les anges et les âmes comme des émanations de la substance divine, et l'évéque Pastor (anath. V) l'accuse d'apollinarisme. N'y aurait-il pas quelque trace de la dernière erreur surtout dans ces mots du traité vi (p. 74) : « Denique deus noster adsumens carnem, formam in se dei et hominis,id est divinae aniniae et terrenae carnis adsi gnans, etc. » La divina anima ici est le Verbe.
Que l'on ajoute encore, si l'on veut, le caractère nettement gnostique du fragment de lettre cité par P. Orose dans son Commonitorium, 2; l'insistance du canon xxxiii (p. 124) sur l'abstention des œuvres de la chair; du canon xxxv (p. 125) sur l'abstinence de la viande et du vin; une désapprobation, en tout cas très indirecte, du mariage et de la procréation dans le traité iv (p. 59,60 : « humanae nativitatis vitia castigat [Christus] »); c'est tout ce que les écrits de Priscillien contiennent des doctrines que les iv® et v® siècles lui ont attribuées à lui ou à ses disciples.
Car par ailleurs, ces doctrines sont plutôt, dans ces écrits, contredites et condamnées. Ainsi Priscillien admet que Dieu est le créateur du monde, de l'homme et de son corps ^; il condamne le manichéisme, dont il avoue d'ailleurs qu'on accuse son parti ^; il condamne ceux qui adorent les astres et leur accordent un pouvoir^; il affirme et répète que Jésus-Christ est venu dans la chair, et repousse le docétisme'. Anathème
i. Tract. II, p. 37; Orose, Commonitor., *.