Cf. Epist. ad Alex. {De synodis, 16); Epist. ad Eusebium
Li:s HÉRÉSIES TRINITAIRES DU IV' SIECLE. 27
qui soit égale au Logos, mais non qui lui soit supérieure. Le Logos d'ailleurs a toujours crû en grâces et en mérites : il s'est développé, et s'est ainsi rendu digne de la gloire, des hommages et du nom même de Dieu que le Père et l'Église lui ont attribués ^
Quant à son rôle ad extra, il a consisté, comme nous l'avons dit, à être l'agent immédiat de la création. Il a consisté aussi à être l'agent de la rédemption. Pour cela le Verbe s'est incarné. La doctrine de Lucien d'Antioche, préludant à celle d'Apollinaire, était que le Verbe avait pris un corps sans âme (a]/u/ov)2. Les fragments qui ont survécu des œuvres d'Arius ne contiennent rien sur ce point précis, mais on sait par les auteurs que tel était aussi son enseignement^. Ce fut certainement celui de sa secte et des anoméens postérieurs^. Cet enseignement cadrait du reste avec l'ensemble du système et servait à Fétayer, puisque, si le Verbe est en soi passible et changeant, il peut dans le corps tenir la place et remplir le rôle de l'âme, et qu'il devient loisible dès lors de rejeter sur lui les émotions et les faiblesses attribuées par l'Ecriture à l'humanité de Jésus.
Sur le Saint-Esprit les fragments d'Arius sont peu explicites. Il en admet Vhypostase comme formant
1. Epist. ad Alex. [De synodis, 16); Thalie {De synodis, 13; C. arianos, Or. I, 5); Epist. ad Euseb.