‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 193 sur 409 · De fide, IV · texte numérisé non relu

De fide, IV

faites contre la doctrine nicéenne. Candidus, dans son Liber de generatione divina, 1-7', a objecté qu'on ne saurait imaginer en Dieu une génération. Elle blesserait son immutabilité parce qu'elle suppose un changement [mutatio\ sa simplicité par ce qu'elle emporte une division, une séparation. D'autre part, un Verbe engendré ne saurait être Dieu, puisqu'il aurait passé d'un état à un état; il ne saurait être consubstantiel au Père : « Ex quibus apparet quoniam neque consubstantiale est quod generatur, neque sine conversione generatio a Deo^ ».

Victorin s'efforce, par la philosophie, de résoudre ces difficultés, tout en reconnaissant combien il est malaisé de traiter de ce qui regarde Dieu ^. Il remarque d'abord que toute action implique un mouvement : « Facere nonne motus est? » ; mais il n'est pas vrai que tout mouvement implique un changement, une mutatio''. Dieu est éternellement en action, en mouvement : il se meut sans cesse ^. Ce mouvement est une faction, une création par rapport aux êtres contingents, mais par rapport au Verbe c'est une génération ; génération éternelle comme le mouvement dont elle est le terme, et parce que le Verbe, ayant été l'instrument de la création, a donc préexisté à toute créature^. Sans doute, Victorin laisse échapper çà et là quelques expressions incorrectes : le Père est antiqiiior, le Fils iunior; le Père a créé le Logos '^; mais sa pensée n'est pas douteuse. Le Verbe est éternel et

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