‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 200 sur 409 · Epist. XV · texte numérisé non relu

Epist. XV

sonne Victorin préférerait le mot subsistance : « Dictum de una substantia très subsistentias esse, ut ipsum quod est esse subsistât tripliciter, ipse Deus et Christus, id est Xôyoç, et Spiritus sanctus ^ ». Ces trois subsistances sont Tune dans l'autre par la circumincession : « uterque in utroque — omnes in alternis existentes ^ ». Elles sont entre elles dans le même rapport que l'être, la vie et l'intelligence, la vie qui est le Fils n'étant qu'une forme de l'être qui est le Père, comme l'intelligence, qui est l'Esprit-Saint, n'est qu'une forme de la vie qui est le Fils '. Par cet effort vigoureux pour ramener aux catégories plus générales de l'ontologie les données trinitaires de la foi, Victorin se pose en précurseur, non seulement de saint Augustin, mais des plus hardis scolastiques.

§ 4. — Création. Angëlologie.

Le néoplatonisme qu'il a porté dans sa doctrine de la Trinité, Victorin l'étalé aussi dans sa théorie de la création. Les essences des choses se trouvent potentiellement en Dieu qui les engendre, mais plus particulièrement dans le Logos, en qui tout être est insubstantié : « Semen est, et velut elementum omnium quae sunt ». « Insubstantiata enim sunt omnia ovta in lesu, hoc est h xw Xo'yw * ». C'est le Verbe qui fait exister les essences, qui est l'organe de la création '. Cette

1. Adv. Arium, H, 4, col. 109-2 D; r, 41, col. 107-2 A; HI, 4, col. 1101 D. 9. Adv. Arium, I, li», col. lO'JO A ; 10, col. 10:;o C. Cf. Hilaire, De Irinit., II, 4; VH, 41; IX, 51; Zenon, Tract. U, 1, 2; II, 2, col. 392; II,S,1.

3. Adv. Arium, 1, 13, col. 1048 B; 63, col. 1087 CD; IH, 7-9, col. 1103- HOS; IV, 21, col. 11-28 D.

4. Adv. Arium, 1,23, col. 1059 A ; 26, col. 1059 B; III, 3, col. 1100 C; IV, 4, col. 1116 C.

5. yldu. Arium, I, 33, col. 1066 C; 2-2, col. 1056 BC; In episl. ad Ephes., I, 9, col. 1-200 A.

création d'aUleurs nous est dépeinte plutôt comme une sorte d'émanation. La plénitude de vie versée d'abord par le Père dans le Verbe, déborde de celui-ci et se répand dans les créatures, en s'adaptant aux êtres qui la reçoivent ^ Voici l'échelle des êtres : « Catena enim Deus, lesus, Spiritus, vou«, anima, angeli et deinde corporalia omnia subministrata ^ ». Remarquons vouç et anima placés avant les anges, et la distinction de voû; etd'anùna. L'âme n'est pas le votiç : elle le reçoit seulement ^ Quant à la matière, elle est (xr. ov : elle ne devient quelque chose que par lame qui la viviiie .

Il est inutile de remarquer que toute cette théorie de la création, si Ton excepte l'idée du Verbe créateur et de la matière néant par elle-même, est particulière à Victorin. Les anges, qu'U a nommes dans sa chaîne des créatures, ne sont pas entrés dans le cadre de sa théologie, mais nos autres auteurs, surtout Hilaire, Ambroise et Jérôme s'en sont occupes. Les deux derniers croient qu'ils ont été créés avant le monde corporeP. De leur nature saint Jérôme ne dit rien de précis, mais, en expliquant leur chute par un Péché d'orgueil «, il écarte l'argument qm de Genèse VI 1 2, concluait à leur corporéité. Cet argument au contraire a rendu incertaine l'opinion de saint Hilaire et de saint Ambroise. Tous deux semblent parfois regarder les anges comme affranchis de corps, spirituals et incorporales ' ; mais le premier rapporte cependant la tradition qui voit les anges dans les tiis ae

.. Ad.. Arium, 1. 24, col. 1037 D; ^. col- i058 0. 1059 AB; 47, col. 10-7 A B; m, 3, col. 1100 B G; IV, 31, col. 113.. CD.

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