Adv. Arium, I, 62, col. 1086 D, 1087 A B
LA TllliOLOGlE LATINE AU IV SIECLE. 277
de quelque façon réelle, subslantialiter, et non pas seulement en puissance. Pour elles le monde actuel a été créé, afin qu'elles y fussent éprouvées, confirmées, et devinssent purement spirituelles'.
Quelle était la condition primitive d'Adam et d'Eve? Saint Hilaire suppose qu'ils étaient immortels, puisque la mort est la suite du péché ^. Saint Ambroise et Zenon vont plus loin : ils ne leur accordent pas seulement la sagesse, la vertu, l'exemption de la concupiscence'; ils paraissent croire qu'ils étaient semblables aux anges, célestes, et n'avaient par conséquent aucun besoin de nourriture*.
Leur chute fut la conséquence, d'après Zenon, d'un péché de luxure^, selon saint Ambroise d'un péché dont l'orgueil fut le principe®. Ils furent condamnés à la mort, soumis à la concupiscence et aux misères de la vie. Nous avons hérité de leur châtiment. Sur ce point, nulle difficulté. Hilaire déclare qu'Adam nous a transmis sa condamnation à la mort et la triste condition de son existence; que la concupiscence qui nous presse est une conséquence de notre nature, mais aussi de notre naissance « sub peccati origine et sub peccati lege » ; que, par suite du péché d'Adam, nous sommes des captifs spirituels; le péché est le père de notre corps et l'infidélité la mère de notre àme^. On trouve des affirmations analogues dans Zenon*, dans saint
\. In episl. ad Ephesios, I, 4, col. 1241 D, 1242 A B.